mardi 19 décembre 2017

La femme du gardien de zoo (2017)



Le choix de distribuer ou non un film dans tel ou tel pays répond sûrement à des raisonnements profonds. Ça n'est pas possible autrement. Comment imaginer, en effet, qu'un long métrage ne sorte pas dans les salles françaises (exemple pris au hasard) alors qu'il a eu une carrière honorable dans nombre d'autres pays et qu'il traite d'un sujet dépassant les frontières géographiques et culturelles ? Il y a certainement des décisions pensées derrière ces choix, décisions qui échappent aux pauvres mortels que nous sommes. C'est ainsi, par exemple, que "La femme du gardien de zoo", tiré du roman éponyme, après une carrière honorable de l'autre côté de l'Atlantique (malgré des critiques plutôt mauvaises) a attendu longtemps de sortir en France, pour ne finalement être disponible qu'en vidéo. Pour celles et ceux que le thème intéressait, ce n'est donc pas dans les salles obscures qu'il faudra se rendre pour le voir. Merci qui ?

Varsovie, fin de l'été 1939 : dirigeant, avec son mari, le zoo de la ville, Antonina Jabinski est passionnée par les animaux et la vie. Quand l'Allemagne nazie envahit son pays, elle voit son univers ravagé par la folie des hommes. Les animaux du zoo sont presque tous abattus par les soldats, tandis que, non loin de là, des hommes en enferment d'autres dans le ghetto, antichambre de l'enfer sur terre. Antonina et Jan vont décider d'agir et de sauver ceux que la haine a condamnés. 

Le roman de Diane Ackerman avait rencontré un joli succès lors de sa parution et était adapté de faits réels. Choisissant de donner un coup de projecteur sur un angle méconnu de l'histoire, son adaptation était l'occasion de se pencher sur le dramatique sort de la Pologne durant la Seconde Guerre Mondiale. Niki Caro, la réalisatrice (dont on devrait parler d'ici peu, puisqu'elle est aux manettes de l'adaptation de "Mulan"), donne, en l'adaptant, un rôle fort à son actrice principale, Jessica Chastain (également présente à la production).

On pourra reprocher quelques maladresses dans la réalisation, parfois pataude et, surtout, la partie la plus mélodramatique du film, qui nuit à l'histoire plus qu'elle ne l'enrichit. On pourra déplorer aussi certains errements dans la mise en scène et le montage, qui adoucissent le ton, alors que l'époque narrée était tout sauf douce. Mais ce serait dénigrer l'intention primale du roman et du film : celle de raconter l'histoire d'une femme dans la tourmente. 

Pour incarner cette femme, il y Jessica Chastain, lumineuse, illumine chacune des scènes où elle apparaît. Portant à bout de bras ce film, elle le magnifie et en fait oublier les défauts techniques et les maladresses. Derrière elle, Daniel Brühl fait ce qu'il peut avec un personnage pas très bien exploité et Johan Heldenbergh, vu jusque là dans le cinéma belge (décidément très riche, ces dernières années) incarne un Jan Jabinski âpre et terriblement humain. 

Malgré quelques longueurs, et grâce à sa belle interprétation, "La femme du gardien de zoo" ne méritait certainement pas le sort honteux qui fut le sien dans l'Hexagone. Quand on voit la promotion faite autour de certains films lors de leur sortie en salles, le destin de celui-ci devrait faire réfléchir. 






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