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lundi 6 avril 2020

La cerise sur le gâteau (2012)




Si le public connaît Laura Morante, c'est essentiellement pour son rôle dans "La chambre du fils" de Nanni Moretti, Palme d'Or à Cannes en 2001. Cependant, la belle Italienne a une impressionnante filmographie et a tourné avec nombre de réalisateurs renommés. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle s'est essayée à la réalisation, avec "La cerise sur le gâteau", comédie plutôt romantique qu'elle avait coscénarisée et interprétée, sans cependant attirer le succès. Avec comme complices sur l'affiche Pascal Elbé et Isabelle Carré, ce film avait pourtant quelques beaux atouts dans sa manche...

Amanda devrait être heureuse, mais s'efforce malgré elle de ruiner toute histoire d'amour qui s'offre à elle. Son mal a un nom : c'est l'androphobie. Florence, sa meilleure amie, veut la voir heureuse, malgré elle. A l'occasion du Nouvel An, Florence invite donc Amanda, en lui promettant que tous les hommes présents seront mariés, mis à part Maxime, qui est gay. Au dernier moment, ce dernier renonce à la soirée. De son côté, Antoine se rend à cette soirée seul, sa femme et lui ayant rompu...

Comme vous l'aurez compris en lisant le pitch, il y a de la comédie romantique dans l'air, et du quiproquo comme déclencheur. Effectivement, c'est le postulat de base que Laura Morante a choisi pour évoquer la difficulté des relations entre femmes et hommes. Basée sur un malentendu (qu'aucun des protagonistes ne cherche cependant à dissiper, contre toute vraisemblance), l'histoire qui se construit entre les deux personnages principaux est extrêmement prévisible et suit grosso modo la trame classique de la romcom. Le film n'oublie pas, au passage, de cocher quelques cases du cahier des charges de ce registre : les protagonistes ont un train de vie confortable (même si on ne sait pas trop comment ils gagnent leur vie), évoluent dans un décor parfait (Paris a rarement été aussi joli) et sont vraiment charmants. 

Mais, le charme des interprètes et de belles images ne suffisent pas à faire un bon film. En l'occurrence, "La cerise sur le gâteau" est même plutôt raté. En empilant les clichés les uns sur les autres et en se souciant comme d'une guigne de la solidité de son scénario (même dans le registre de la romcom, l'édifice doit tenir debout), Laura Morante livre une succession de scènes parfois touchantes, souvent ennuyeuses et même gênantes pour certaines. On a souvent le sentiment de se trouver face à une pièce de théâtre de boulevard et non devant un film. Si on ajoute à cela une direction d'acteurs assez moyenne, tout est dit. Aussi charmants soient les acteurs et actrices de cette drôle de comédie romantique, prétendant taquiner le genre tout en l'assumant, on a vite l'impression de tourner en rond. 

Il est des films dont on attend peu, si ce n'est qu'ils puissent être une bonne surprise. Dans le cas de "La cerise sur le gâteau", cette dernière n'est pas au rendez-vous. Il ne reste à l'arrivée qu'un petit film très oubliable. 


mardi 20 janvier 2015

Trois amis (2006)



L'amitié a maintes fois inspiré les scénaristes, de "Mes meilleurs copains" aux "Petits mouchoirs", en passant par "Comme des frères" ou "Peter's friends", pour ne citer qu'eux. Cette alchimie étrange qui fait que certains individus tissent des liens plus étroits que des frères et sœurs n'a pas fini d'alimenter les fictions. Michel Boujenah, qu'on ne présente plus au regard de son immense carrière sur les planches et au cinéma, a voulu brosser un tableau en l'honneur de ce grand et noble sentiment, avec "Trois amis", sa deuxième (et dernière) réalisation, après "Père et fils". Las, "Trois amis" n'eut guère de succès et hante désormais les grilles de la TNT.

Jeunes quadragénaires, Claire, Baptiste et César sont amis depuis toujours. Certes, leur amitié connaît des hauts et des bas, certes, leurs histoires de cœur et leurs passés respectifs viennent parfois fendiller le ciment qui les unit. Ils se disputent, se réconcilient, se perdent de vue et se retrouvent, comme tous les amis, malgré leurs différences, leurs caractères, malgré la vie qui les malmène.

En réalisant "Trois amis", Michel Boujenah tentait, à en croire le pitch, de répondre à des questions majeures : qu'est-ce qu'un ami ? Jusqu'où peut-on aller par amitié ? Il revendiquait même l'influence de Claude Sautet pour la construction de ses personnages. Il faut croire qu'il pécha par excès d'ambition, si l'on se fie au simple ressenti post-visionnage. Autrement dit, l'ami Boujenah a eu les yeux plus gros que le ventre. A défaut d'épaisseur et de sens, il nous livre ici un film au scénario semblant écrit au fil du tournage, sans cohérence ni véritable colonne vertébrale. La réalisation mollassonne  n'arrivant pas à faire illusion, les nombreuses faiblesses de l'histoire sont prises de plein fouet par le spectateur qui, du coup, n'adhère pas et ne peut s'attacher aux personnages.

Du côté de l'interprétation, c'est bien décevant : Kad Merad fait son numéro habituel, face à un Pascal Elbé qui réalise sans doute la meilleure des performances du film (ce qui n'était pas difficile). Mathile Seigner, égale à elle-même, agacera ceux qui ne la supportent pas (dont je suis). On pourra, à la limite, se consoler grâce aux seconds rôles, avec un Yves Rénier inattendu et surtout les scénes émouvantes où apparaît le regretté Philippe Noiret, dans son dernier rôle (et visiblement déjà très malade). 

Michel Boujenah a raté son coup, avec "Trois amis". Pensant sans doute célébrer l'amitié, il se
contente d'un film au scénario plus bricolé qu'écrit, accumulant les scènes incongrues et n'étant que très rarement drôle. On est sensé passer un bon moment entre amis. Il faut croire que ceux-là n'en sont pas de vrais.