Affichage des articles dont le libellé est Reese Witherspoon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Reese Witherspoon. Afficher tous les articles

mercredi 2 décembre 2015

Wild (2014)


Jean-Marc Vallée, réalisateur notamment du chaleureux "C.R.A.Z.Y.", semble avoir du mal à être reconnu de ce côté-ci de l'Atlantique. Certes, son "Dallas buyers club" a connu chez nous un joli succès critique, mais on pourrait se demander pourquoi il ne remplit décidément pas les salles. Récemment, "Wild", malgré un joli succès aux Etats-Unis, n'a pas drainé les foules dans les salles hexagonales. Ce sort était-il mérité ?

Un jour, Cheryl Strayed a décidé de parcourir à pied la côte est des Etats-Unis. Sa vie est un naufrage : son couple a échoué, elle ne s'est jamais remise de la mort de sa mère, et s'est perdue, corps et âme. Sans préparation physique, avec sur le dos un sac aussi lourd qu'elle, la jeune femme commence un périple tout aussi physique qu'intérieur. 
Affrontant tant la nature parfois hostile que les fantômes qui la hantent, Cheryl n'est pas au bout de ses peines...


Pour incarner l'héroïne (sans mauvais jeu de mots) de "Wild", Jean-Marc Vallée a fait appel à Reese Witherspoon, Ce qui pourrait passer pour un pari risqué est finalement une des plus belles idées du film. Celle à qui l'on a trop longtemps collé l'étiquette de la bimbo écervelée met ici tout le monde d'accord. N'hésitant pas à se mettre en danger (et je ne parle pas ici du danger physique, quoi qu'il ait sans doute été présent lors du tournage), Reese Witherspoon fait montre d'un talent évident et porte le film à bout de bras, non contente d'avoir été à l'initiative du projet. On saluera également la belle prestation de Laura Dern, décidément trop rare au cinéma. 

Trop souvent vendu comme un "Into the wild" au féminin, "Wild" présente cependant de nombreuses différences avec le film de Sean Penn. Cheryl, l'héroïne du présent long métrage, entame une marche au cours de laquelle elle cherche la rédemption, alors que le personnage central de "Into the wild" était en quête de la solitude. La comparaison, en plus d'être inadaptée, a joué en la défaveur du film de Jean-Marc Vallée et cela est bien dommage.

Au cours de la longue marche de Cheryl, on comprend mieux les motivations de la jeune femme, on souffre avec elle, parce que la route est difficile et parce que l'épreuve qu'elle s'impose est de celles qu'on traverse douloureusement. Filmé au plus près de son interprète principale, "Wild" emmène son spectateur en voyage, sans s’embarrasser d'angélisme. Quasiment documentaire, le film pose quelques questions, sans donner de réponses toutes faites. On pourra lui reprocher ce ton, mais d'aucuns (dont je suis, et j'assume) sauront se retrouver dans le public auquel il s'adresse.

Il est finalement dommage que "Wild" n'ait pas eu l'audience qu'il méritait, du moins dans nos contrées. Porté par une Reese Witherspoon qui gagne à l'occasion des galons qu'on aurait pu jusqu'alors rechigner à lui accorder, ce voyage initiatique et très physique est de ceux qui ne s'oublient pas.





mardi 9 juillet 2013

Comment savoir (2011)


Avec un budget de 120 millions de dollars, tout producteur a de quoi monter un film ambitieux, lorgnant souvent du côté du fantastique ou de l'action. Il est plus rare de voir une telle somme consacrée à une comédie romantique, à moins que le cachet des acteurs soit particulièrement lourd. "Comment savoir", dernière réalisation en date de James L. Brooks, malgré ce budget confortable, a connu un des pires échecs récents du cinéma américain. L'échec fut essentiellement financier et n'a sans doute pas été compensé par les nombreux placements de produits Sony visibles à l'écran, soit dit en passant. 

Lisa, joueuse de soft-ball, est une battante en plus d'être ravissante. Alors qu'elle n'est pas retenue pour faire partie de l'équipe nationale, elle rencontre Matty, joueur de base-ball professionnel immature et égocentriste, qui va pourtant la charmer. De son côté, George voit sa carrière professionnelle s'effondrer, par la faute de son père (qui est aussi son patron). Alors qu'il risque de gros ennuis judiciaires, il croise la belle Lisa...

Soyons clairs : nous sommes ici dans le registre de la comédie romantique et l'épilogue n'est pas un l'objet d'un suspense intenable. Une fois cette réserve émise, l'amateur du genre (dont je me revendique sans honte) pourra apprécier l'exercice de style, avant de décréter si, oui ou non, ce film fait partie de ceux qui remplissent leur contrat.

S'il faut reconnaître un atout à "Comment savoir", c'est sa façon d'avancer dans l'histoire, progressant puis rétrogradant, à la manière de ses personnages qui hésitent sur la conduite à tenir (d'où le titre). Leurs convictions sont mises à rude épreuve et ils doivent parfois revoir leur jugement. On est donc dans un traitement plus proche du mélodrame que de la comédie romantique "confortable" à laquelle Hollywood nous a habitué ces dernières années.  Cela dit, si Brooks connaît à merveille le terrain du mélodrame, on a souvent l'impression, lors du visionnage, qu'il manque un peu d'huile dans la mécanique pour que tout fonctionne bien. 

C'est sans doute à cause d'un script hésitant et qui aurait mérité d'être peaufiné que cette impression demeure tout au long du film. Vendu comme une comédie, "Comment savoir" a souvent un goût-amer qu'on ne s'attendait pas à lui trouver.
Souvent bancal, en grande partie à cause d'un scénario effiloché et manquant d'une colonne vertébrale, "Comment savoir" dispose pourtant de quelques atouts, notamment sa distribution : la charmante Reese Witherspoon ravira le public féminin tandis que Paul Rudd charmera les représentantes du beau sexe. La prestation d'Owen Wilson est elle aussi à souligner, malgré un rôle souvent outrancier. James L. Brooks, déjà réalisateur de "Pour le pire et pour le meilleur" retrouve ici Jack Nicholson, qui cabotine à l'envi, dans un second rôle dont on se demande parfois quelle est l'utilité (hormis de témoigner de la fidélité d'un acteur à un réalisateur, puisque c'est leur quatrième collaboration). 

Au final,  "Comment savoir" est une énième comédie romantique qui, malgré tous ses défauts, possède néanmoins son charme propre. Ce dernier repose essentiellement sur ses interprètes, qui portent l'histoire à bout de bras. Rien que pour eux, il aurait mérité un meilleur sort...