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jeudi 18 mai 2017

Le merveilleux jardin secret de Bella Brown (2016)


Croyez-le ou non, mais "Le merveilleux jardin secret de Bella Brown" est sorti directement en DVD en France. Alors que certains films de peu d'intérêt (je vous laisse chercher dans les colonnes de ce blog, vous en trouverez pléthore) ont droit à des étalages confortables lors de leurs sorties, on peut se poser des questions quant à la distribution des films. Dans le cas de "This beautiful fantastic", sans doute traduit en "Le merveilleux jardin secret de Bella Brown" pour lui donner un air de famille avec la célèbre Amélie Poulain, était-ce bien justifié ?

Bella Brown fut trouvée, alors qu'elle était bébé, au bord d'un étang. Devenue adulte, elle travaille à la bibliothèque et vit renfermée chez elle et dans ses petites habitudes, calfeutrée en elles.
Bella finit par entrouvrir sa porte à Vernon, jeune veuf dont la cuisine ravit les papilles, et par accepter les conseils de son acariâtre voisin pour remettre son jardin en état. Mais ces hommes qui entrent dans sa vie pourraient bien la bouleverser...

Gentil, voilà comment on pourrait définir ce film. Attention, l'emploi de ce qualificatif est loin d'être péjoratif, à mes yeux. La gentillesse est une denrée rare, même au cinéma. Alors, oui, Bella Brown est sans doute une cousine pas très éloignée d'Amélie Poulain, en moins confiante en l'humanité et en elle-même. Forcée de s'ouvrir au monde extérieur et de mettre les doigts dans la terre du jardin, la jeune femme est l'héroïne d'une jolie petite histoire qui la voit grandir, devenir femme et tout simplement vivre.

Pour sa deuxième réalisation (après "Comes a bright day", également inédit en France), Simon Aboud, surtout connu pour être le gendre de Paul McCartney (je vous rassure, la parenthèse people se ferme ici), nous propose un joli petit conte célébrant la douceur et la gentillesse, le jardin et la cuisine, bref : la vie. C'est peu et c'est beaucoup à la fois. Pour ce film, dont il est également scénariste, Simon Aboud choisit de prendre son temps et de filmer au plus près de ses personnages. Les esprits chagrins y verront (c'est dommage) de la lenteur et de la vacuité, les autres y trouveront l'humanité dont nombre de longs métrages plus ambitieux sont dépourvus. Au milieu des hymnes à la vitesse et à la fureur qui sont légion dans les salles obscures, "Le merveilleux jardin secret de Bella Brown" fait donc figure d'intrus. Il faut s'en féliciter : de telles œuvres, empreintes de douceur et célébrant la vie et l'amitié sont nécessaires. 


C'est également la chouette distribution de ce film qui emporte l'adhésion : qu'il s'agisse de  Jessica Brown Findlay (venue de "Downtown Abbey"), de l'indispensable Tom Wilkinson, d'Andrew Scott (le Moriarty de la série "Sherlock") ou de Jeremy Irvine (qu'on avait remarqué dans "Cheval de Guerre"), les interprètes du "Merveilleux jardin secret de Bella Brown" donnent vie aux aventures de cette Amélie Poulain dans son jardin avec une vraie sincérité qui fait plaisir à voir. 

Si l'on peut faire quelques reproches au "Merveilleux jardin secret de Bella Brown", notamment au niveau des facilité"s scénaristiques qu'il se permet, son atmosphère et son humanité emportent l'enthousiasme. Pour une fois qu'un film porte un regard optimiste sur le genre humain, on serait mal inspiré de faire la fine bouche.


samedi 10 novembre 2012

Indian Palace (2011)


J'ai évoqué, il y a quelque temps, le sort de "Et si on vivait tous ensemble ?", film français évoquant les tribulations de six "seniors". Vendu comme une comédie, ce film qui n'en était pas une, ne rencontra pas le succès qu'en attendaient ses producteurs. Curieusement, on pourrait faire le même billet, à peu de choses près, sur "Indian Palace" ("The best exotic Marigold Hotel", en Version Originale). Il est, là aussi question de  personnes "âgées" qui décident, pour des raisons diverses, d'aller vivre dans un hôtel destiné à leur catégorie d'âge, en Inde (à Jaipur, pour être précis). 

Hélas pour eux, ce qui devait être un palace n'en est encore qu'au stade de la rénovation et il faut toute l'énergie et l'enthousiasme du jeune gérant de l'hôtel (Dev Patel, le héros du très beau "Slumdog Millionaire") pour les convaincre de rester, et en apprendre beaucoup sur les autres et eux-mêmes.

La présence de "Indian Palace" dans ce blog pourrait être discutée. Si ce film ne fut pas très bien reçu en France (que ce soit par la critique ou le public), il fut rentabilisé à l'international, comme on dit, grâce à son succès outre-Atlantique. Cela dit, le parallèle avec "Et si on vivait tous ensemble ?" ne tient pas qu'à l'accueil mitigé auquel il eut droit en France. Il s'agit, encore une fois, d'un film dont la promotion assurait qu'il s'agissait d'une comédie (d'ailleurs, c'est annoncé sur l'affiche, diablement proche de celle du film français cité). 

Alors, certes, on sourit souvent et on rit parfois, au visionnage de "Indian Palace". Mais, la plupart du temps, on est ému, touché, par ce que vivent les septs héros, tous remarquablement interprétés. On pourrait décerner une mention spéciale à Judi "M" Dench et Tom Wilkinson, mais ce serait passer sous silence l'interprétation de Bill Nighy (vu dans "Petits meurtres à l'anglaise") et de Maggie Smith (à mille lieues de la saga "Harry Potter"). Evoluant dans le décor sans pareille de l'Inde contemporaine, dynamitant au passage les clichés des tour-operators, nos sept aînés vont apprendre (et le spectateur également) à vivre ensemble le temps qu'il leur reste. 

La réalisation de John Madden, vétéran du grand et du petit écran dont le film le plus connu reste "Shakespeare in Love" (et qui vient de réaliser le remake de "My Fair Lady"), pour académique qu'elle soit, sert subtilement les personnages et les décors qui les entourent. Le scénario, tiré d'un roman de Deborah Moggach, ne réserve pas de grosse surprise, mais dose habilement l'humour et l'amertume qu'ont nos britanniques à retourner sur les terres qui n'appartiennent plus à leur Empire révolu. 

Il faudra, un jour, annoncer clairement la couleur, lors de la promotion d'un film. Cela éviterait sans doute à certaines oeuvres de générer des malentendus. Dans le cas de "Indian Palace" (et pour son exploitation en France), ce fut fatal...