Bradley Cooper, catapulté sex-symbol et acteur bankable, n'est pas que la vedette de franchises à succès (comme "Very Bad Trip") ou de films au succès assuré. Malgré sa cote d'enfer, ces dernières années, le beau gosse a aussi connu des revers. Film alignant un casting qui aurait du lui assurer l'affluence du public, "The Words" n'est toujours pas sorti en salles en France et c'est sur le marché de la vidéo qu'il est désormais disponible.
A l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Clayton, romancier reconnu, donne une lecture publique de celui-ci. Son héros, Rory, est un jeune romancier à qui le succès échappe. Lors de sa lune de miel à Paris, il déniche chez un antiquaire une serviette de cuir, dans laquelle il découvre un manuscrit. Retranscrivant mot pour mot les écrits d'un autre, il va rencontrer le succès lorsque cette histoire sera publiée.
Enfermé dans le mensonge, Rory, qui au passage y perd la femme de sa vie, va finir par rencontrer le véritable auteur du roman qui lui a apporté fortune et gloire.
Le script de "The Words" est original et ambitieux. On imagine ce que des réalisateurs comme Christopher Nolan ou David Fincher (on peut rêver) en auraient fait. Pensez donc : un écrivain qui raconte l'histoire d'un autre écrivain pillant celle d'un troisième écrivain. Brian Klugman (surtout connu pour son travail sur des séries comme "Bones") et Lee Sternthal (dont c'est la première mise en scène), les deux co-réalisateurs, n'ont pas eu l'ambition ou les moyens de faire de ce film ce qu'il aurait pu être. Autant dire les choses franchement : leur peu d'ambition fait de "The Words" un film bien en-deça de ce qu'il promettait. Avec plus d'audace, l'intrigue à tiroirs derrière ce film aurait pu donner lieu à une redoutable mise en abîme. Il n'en est rien, ou presque.
On pourrait éventuellement se consoler avec la distribution : derrière Bradley Cooper, le reste du casting pourrait faire rêver pas mal de réalisateurs et de spectateurs. Mais, qu'il s'agisse de Jeremy Irons, du trop rare Dennis Quaid, de Zoe Saldana ou de la très sculpturale Olivia Wilde, les interprètes, sans doute peu ou pas dirigés, semblent laissés à eux-mêmes et donnent une prestation sans conviction. Il ne reste plus au spectateur qu'à se rabattre sur les décors plutôt agréables à l'oeil (quoique peu réalistes, notamment ceux de Paris, décidément source de bien des clichés quand il est vu d'Hollywood).Doté d'un scénario pour le moins original, "The Words" aurait mérité un traitement plus audacieux : il en aurait résulté, à coup sûr, un film plus mémorable. Filmé comme un téléfilm lambda, il laisse un goût étrange après visionnage : celui du gâchis d'un beau matériau de base. Dommage.

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