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dimanche 20 octobre 2013

All about Steve (2009)





J'avoue sans honte une petite faiblesse pour les comédies romantiques. Vous savez, ces transpositions à l'écran des contes de fée classiques, dont on sait pertinemment qu'ils vont bien se terminer, même si, au départ, tout oppose les deux protagonistes. Le genre a fait ses preuves au cinéma et certains exemples font désormais figure de référence : "Quand Harry rencontre Sally", "Quatre Mariages et un Enterrement" ou "The Holiday", pour ne citer que les plus connus. Je ne dois pas être le seul à apprécier ces films puisqu'on a droit régulièrement à un nouvel opus du genre, plus ou moins réussi. Sandra Bullock n'en est pas à son premier essai en la matière, mais avec "All about Steve" qu'elle produisit en partie, elle reçut une belle volée de bois vert de la part des critiques et eut droit à deux Razzie Awards (pour sa prestation et pour le couple qu'elle forma avec Bradley Cooper), sans compter l'échec financier de l'entreprise. 
Après un premier rendez-vous arrangé par ses parents, Mary décide que Steve, joli cameraman, est son âme-soeur. Pour brillante qu'elle soit, Mary, verbicruciste de profession, est pour le moins inquiétante, tant elle a des idées fixes et ne peut s'empêcher d'étaler ses connaissances, fussent-elles totalement hors de propos. Elle va décider de suivre Steve qui n'en demandait pas tant, pour le convaincre qu'ils sont faits l'un pour l'autre. 

Pendant qu'on en est aux aveux, je dois vous confesser une faute : je n'ai pas réussi à visionner ce film (diffusé sur notre très chère TNT) jusqu'au bout. Sans doute vendu sur son registre et la présence de ses deux acteurs principaux, l'une à l'étoile pâlissante, l'autre à l'aube de la gloire, "All about Steve" est totalement dénué d'intérêt. Qu'il s'agisse de l'interprétation de Sandra Bullock, totalement inepte ou des costumes dont elle est affublée (et je ne parle même pas de sa coiffure !), on a vite pitié de cette actrice (qui reçut pourtant un Oscar la même année pour "The Blind Side"), embarquée dans une galère qu'on ne souhaite à personne. Face à elle, Bradley Cooper et le reste de la distribution assistent au naufrage, impuissants.

Franchement mauvais, "All about Steve" n'est jamais drôle, accumule les scènes idiotes et les personnages caricaturaux, en plus d'être réalisé comme le premier épisode venu de "Joséphine, ange gardien". Le réalisateur, Phil Traill, est depuis reparti vers les séries télévisées : on espère qu'il ne sévira plus sur grand écran. Au passage , honte sur les producteurs qui financèrent un tel navet, alors qu'abondent les projets intéressants en peine de budget. 

En plus, le pitch sous lequel est vendu ce film comporte une énorme faute. Le personnage de Sandra Bullock est verbicruciste et non cruciverbiste, puisqu'elle crée les grilles de mots croisés à l'intention de ses lecteurs. Même si ce n'est qu'une goutte d'eau, elle fait déborder le vase.  


mardi 8 octobre 2013

The Words (2012)



Bradley Cooper, catapulté sex-symbol et acteur bankable, n'est pas que la vedette de franchises à succès (comme "Very Bad Trip") ou de films au succès assuré. Malgré sa cote d'enfer, ces dernières années, le beau gosse a aussi connu des revers. Film alignant un casting qui aurait du lui assurer l'affluence du public, "The Words" n'est toujours pas sorti en salles en France et c'est sur le marché de la vidéo qu'il est désormais disponible. 
A l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Clayton, romancier reconnu, donne une lecture publique de celui-ci. Son héros, Rory, est un jeune romancier à qui le succès échappe. Lors de sa lune de miel à Paris, il déniche chez un antiquaire une serviette de cuir, dans laquelle il découvre un manuscrit. Retranscrivant mot pour mot les écrits d'un autre, il va rencontrer le succès lorsque cette histoire sera publiée. 
Enfermé dans le mensonge, Rory, qui au passage y perd la femme de sa vie, va finir par rencontrer le véritable auteur du roman qui lui a apporté fortune et gloire. 

Le script de "The Words" est original et ambitieux. On imagine ce que des réalisateurs comme Christopher Nolan ou David Fincher (on peut rêver) en auraient fait. Pensez donc : un écrivain qui raconte l'histoire d'un autre écrivain pillant celle d'un troisième écrivain. Brian Klugman (surtout connu pour son travail sur des séries comme "Bones") et Lee Sternthal (dont c'est la première mise en scène), les deux co-réalisateurs, n'ont pas eu l'ambition ou les moyens de faire de ce film ce qu'il aurait pu être. Autant dire les choses franchement : leur peu d'ambition fait de "The Words" un film bien en-deça de ce qu'il promettait. Avec plus d'audace, l'intrigue à tiroirs derrière ce film aurait pu donner lieu à une redoutable mise en abîme. Il n'en est rien, ou presque. 

On pourrait éventuellement se consoler avec la distribution : derrière Bradley Cooper, le reste du casting pourrait faire rêver pas mal de réalisateurs et de spectateurs. Mais, qu'il s'agisse de Jeremy Irons, du trop rare Dennis Quaid, de Zoe Saldana ou de la très sculpturale Olivia Wilde, les interprètes, sans doute peu ou pas dirigés, semblent laissés à eux-mêmes et donnent une prestation sans conviction. Il ne reste plus au spectateur qu'à se rabattre sur les décors plutôt agréables à l'oeil (quoique peu réalistes, notamment ceux de Paris, décidément source de bien des clichés quand il est vu d'Hollywood).

Doté d'un scénario pour le moins original, "The Words" aurait mérité un traitement plus audacieux : il en aurait résulté, à coup sûr, un film plus mémorable. Filmé comme un téléfilm lambda, il laisse un goût étrange après visionnage : celui du gâchis d'un beau matériau de base. Dommage.



mercredi 25 juillet 2012

Le Cas 39 (2009)



Les thrillers fantastiques mettant en scène des enfants (et donc d'autant plus perturbants) forment un genre à part entière. Certains d'entre eux font désormais figure de référence : on citera, par exemple, le magistral "Sixième sens", "The ring" ou "Esther". Forcément, la très grande réussite de certaines de ses oeuvres donne des idées aux producteurs et réalisateurs en quête d'un thème porteur.
Exploitant ce juteux (et intéressant) filon, "Le Cas 39" n'a pas eu l'heur d'atteindre les salles obscures de l'hexagone, après un box-office américain calamiteux, malgré un casting "bankable" (Renée "Bridget Jones" Zellwegger en tête, mais aussi Bradley "Very Bad Trip" Cooper, dans un second rôle). 



C'est une bonne question, et je vous remercie de l'avoir posée. Mais, auparavant, je vous fais un rapide résumé de l'histoire, sans en trahir les rebondissements. Amily Jenkins, assistance sociale de son métier, se retrouve en charge d'un dossier particulièrement délicat : celui de la petite Lilith Sullivan, 10 ans, visiblement maltraitée par sa famille (au point de tenter de la tuer !). S'attachant à la fillette, Amily ira jusqu'à la prendre en charge et à l'adopter, avant de se rendre compte que les apparences sont parfois trompeuses.
Sur un pitch assez classique, mais dont l'efficacité n'est plus à prouver, "Le cas 39" méritait pourtant mieux que de finir en "direct-to-DVD". Si son scénario ne brille pas par son originalité, ce film est réalisé de main de maître par l'allemand Christian Alvart, qui devrait prochainement livrer une adaptation "live" de Capitaine Flam (si, si, c'est vrai !). En plus d'un indéniable talent pour la mise en scène, on reconnaîtra également à ce réalisateur un don certain pour la direction d'acteurs. Ces derniers, qu'il s'agisse des premiers ou des seconds rôles, peuvent ainsi donner le meilleur et servent l'histoire avec brio (mention spéciale à Jodelle Ferland, qui incarne Lilith, et déjà vue dans "Silent Hill", par exemple).  

Jouant sur la partition de l'angoisse et du malaise, plutôt que de faire du "Cas 39" un film d'horreur trop démonstratif (ce qui aurait desservi l'histoire, d'ailleurs), son réalisateur fait monter la pression progressivement, jusqu'au dénouement qui ne répond pas à toutes les questions, laissant donc planer une partie du mystère (à dessein, je vous rassure).

Alors, pourquoi ce film rencontra-t-il un pareil désaveu, lors de sa sortie en salles ?
C'est une bonne question, comme je le disais plus tôt. On pourrait citer quelques défauts (mineurs) de ce film, comme son manque de culot, ou un certain essoufflement, au deux-tiers du film (avant le sprint final), mais cela ne suffirait pas. L'échec (injuste) du "Cas 39" vient sans doute du fait qu'il attaque un créneau déjà surpeuplé.



S'il était sorti quelques années plus tôt, nulle doute qu'il aurait rencontré le succès qui lui était du. 
La vie est parfois injuste, même avec les films.