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vendredi 7 mai 2021

Cours toujours Dennis (2007)

 

Après dix années à incarner l'un des six amis de "Friends", Davis Schwimmer a eu une carrière plus discrète. On le sait peu, mais il est passé à plusieurs reprises derrière la caméra, d'abord à la télévision (ayant fait ses armes sur la série qui fit sa gloire), puis au cinéma : son premier film, "Cours toujours Dennis", est passé sous les radars de pas mal de monde, lors de sa sortie en 2007. Avec en vedette Simon Pegg, et prenant pour décor la capitale britannique, ce film méritait-il mieux ?

Il y a cinq ans, Dennis a pris peur, peu avant d'épouser Libby, qui attendait leur enfant. Le jour du mariage, il est parti en courant. Depuis, il mène une petite vie médiocre qui ne le satisfait pas. Quand Libby rencontre Whit, homme d'affaires qui a jeté son dévolu sur elle, Dennis comprend qu'elle est l'amour de sa vie et veut la reconquérir. Pour cela, il décide de battre Whit sur son terrain et s'inscrit à un marathon. Dennis n'a pas fini de courir.

Avec pareil pitch, il reste peu de place à la surprise : la comédie romantique qui se cache derrière "Run, Fatboy, Run" (le titre original du film), coscénarisé par Simon Pegg,  respecte nombre des balises qui façonnent le genre. Il faut, pour l'apprécier, accepter ce postulat et se contenter de profiter du voyage, dans divers endroits de Londres. Tourné en peu de temps, efficace à défaut d'être original, "Cours toujours Dennis" met ses décors en valeur avec efficacité et utilise sans faille le charme infaillible de ses interprètes. En tête, Simon Pegg semble s'être fait plaisir avec son personnage de faux-loser immature, face à la sublime Thandie Newton. Les seconds rôles sont eux aussi fort savoureux et apportent à leur manière le petit supplément qui manque tant à nombre de films du même registre. 

De jolis décors, des personnages savoureux, quelques situations drôles et des dialogues parfois piquants : les ingrédients nécessaires sont réunis et il ne restait plus qu'à les assembler correctement pour que la recette soit réussie. Fort heureusement, c'est le cas avec "Cours toujours Dennis", certes pas inoubliable, mais suffisamment réussi pour satisfaire son spectateur.

Même s'il s'agit d'un film léger, "Cours toujours Dennis" aurait sans doute mérité mieux qu'une sortie à la sauvette. Même si c'est un film qu'on oublie rapidement, il a le mérite de faire passer un moment plaisant.
En ces temps compliqués, c'est toujours bon à prendre, vous ne trouvez pas ?



vendredi 29 mai 2015

Lovelace (2013)


Ayant lu beaucoup de bien de "Lovelace" sur un des blogs que je suis attentivement, et ayant raté ce film lors de sa sortie, j'ai enfin eu l'occasion de visionner ce film. Biographie de la célèbre Linda Lovelace, première grande star du cinéma pornographique, ce film avait tout pour figurer dans ces colonnes, au vu du sévère bide qu'il avait reçu dans nos contrées et ailleurs, bien qu'ayant été salué par nombre de critiques.

Née dans une famille très conservatrice, Linda veut s'amuser, vivre et échapper à l'emprise de ses parents. C'est alors qu'elle rencontre Chuck, séduisant jeune homme, incarnation du cool : elle tombe amoureuse et s'enfuit avec lui, avant de l'épouser. L'époque est au "Peace and Love" et c'est presque tout naturellement que Linda finit par obtenir un rôle dans "Gorge profonde", un film pornographique, où elle elle s'attire les éloges de tous. Une star est née.
Enfin, cela, c'est l'histoire officielle : quelques années plus tard, alors qu'elle veut rédiger ses mémoires, Linda Lovelace va livrer sa version de l'histoire.

On veut souvent faire croire au public que le milieu du cinéma pornographique est une industrie "saine", dont tous les protagonistes tirent profit, voire plaisir. Le biopic consacré par Rop Epstein et Jeffrey Friedman à Linda Lovelace a le mérite de remettre bon nombre de pendules à l'heure et d'éclairer les recoins les plus sombres d'une industrie qui marchande les corps. Procédant habilement, en exposant successivement les deux versions d'une même histoire pour mieux mettre en évidences les violences (physiques et mentales) faites à son héroïne. Bâti comme un procès, où la parole serait donnée d'abord au coupable puis à la victime, "Lovelace" prend souvent des allures d'attaques frontale contre une illusion, celle d'une liberté sexuelle à sens unique.

La reconstitution des années 1970 est soignée, des décors aux costumes des acteurs, en passant par la bande originale. La réalisation nous épargne les effets superflus, se concentrant sur l'histoire de son héroïne. La patte des deux co-réalisateurs, spécialistes du documentaire, se ressent indéniablement et sert le genre auquel appartient "Lovelace". Dans le rôle titre, Amanda Seyfried est étonnante dans le rôle d'une femme sacrifiée pour le seul plaisir des hommes, puis finissant par s'émanciper, aussi douloureusement que ce soit. Mais sa prestation ne doit cependant pas éclipser celles de ses partenaires, de Peter Sarsgaard à James Franco, en passant par Sharon Stone, Juno Temple ou Hank Azaria (méconnaissables).

On regrettera la conclusion du film qui, pour authentique qu'elle soit, amoindrit quelque peu l'impression générale que laisse "Lovelace". Ce film a cependant l'immense mérite de lever le voile sur ce que peu de spectateurs aiment voir. Cela explique sûrement son peu de succès dans les salles...








dimanche 14 septembre 2014

Mystery Men (1999)



Le film de super-héros a le vent en poupe, ces dernières années. La déferlante Marvel aidant, nous avons pu assister à la genèse de quelques œuvres satellites, abordant le genre sous un angle moins frontal. Comme le firent quelques années plus tard "Kick-Ass" ou "Super", le film "Mystery Men" traitait de super-héros bas de gamme. Sur le ton de la comédie, les aventures de cette équipe de bras cassés ne connurent cependant pas le succès attendu, malgré un casting plutôt alléchant. Pensez donc : Ben Stiller, Hank Azaria, William H. Macy, Geoffrey Rush, Greg Kinnear, Tom Waits et j'en passe. Comme quoi, une belle distribution ne signifie pas forcément carton au box-office. 

A Champion City, le taux de criminalité est au plus bas, grâce au fameux Capitaine Admirable, le super-héros local. Ils sont nombreux, dans son ombre, à prétendre à ce titre. Par exemple, Monsieur Furieux (aux colères destructrices), le Fakir Bleu (spécialiste du lancer de fourchettes) et la Pelle (parce qu'il se bat avec une pelle, justement), aimeraient être reconnus comme les héros qu'ils prétendent être. Lorsque le terrible Casanova Frankenstein sort de réclusion et capture le Capitaine Admirable, Monsieur Furieux et ses amis vont devoir agir. 

A la lecture du pitch, nul doute n'est permis : on est dans le domaine de la parodie, comme l'était le comic de base, édité chez la très sérieuse maison Dark Horse. Kinka Usher, réalisateur essentiellement connu dans le monde de la publicité et qui fit ses premiers pas sous l'égide de Roger Corman, fut chargé, par on ne sait quel miracle, de cette improbable adaptation. Récemment dénigré par Ben Stiller (qui a pourtant fait bien pire), "Mystery Men" fut en son temps un four monstrueux (ceci explique sans doute cela). Pourtant, il avait le mérite de l'audace et un casting d'enfer, comme je le disais plus haut.

Cependant, si une distribution du tonnerre et un peu de culot suffisaient à faire un grand film, cela se saurait. Dans le cas de "Mystery Men", il faut vite reconnaître que le contenu n'est pas à la hauteur de l'emballage. Le scénario, premier coupable, montre vite ses faiblesses, jamais compensées par une réalisation digne d'un mauvais téléfilm. Kinka Usher, dont ce fut le premier et le dernier long métrage (l'homme est peu connu, au point que la rumeur court qu'il ne s'agisse que d'un pseudonyme, à l'instar du célèbre Alan Smithee) échoue à donner à ce film l'audace qu'il aurait fallu, se contentant d'aligner les gags éculés (et souvent de bas niveau) et les scènes d'action médiocres. A l'image de ses héros, véritables branquignols aux pouvoirs improbables, "Mystery Men" ne croit pas à son potentiel et, du coup, peine à emmener le spectateur dans son délire. C'est fort dommage, car l'angle d'attaque était prometteur. 

Abordant le genre avec pas mal d'années d'avance mais aussi quantité de maladresses (l'humour au ras des pâquerettes est son défaut majeur à mes yeux), "Mystery Men" aurait sûrement plus de succès aujourd'hui, maintenant que d'autres ont défriché le terrain pour lui. Hélas, il est sorti dix ans trop tôt et sa réalisation n'était pas à la hauteur.