Le western, genre majeur du cinéma de l'âge d'or (vous savez, cette période située en général "avant"...) est tombé en désuétude depuis plusieurs décennies. Hormis quelques jolies exceptions (on pense évidemment à "Danse avec les loups" ou "Silverado") ou quelques incartades flirtant avec d'autres genres (comme "Bone Tomahawk"), il est rare, très rare qu'un western fasse parler de lui, et encore plus rare qu'il draine les foules, comme autrefois, au temps de John Wayne ou, plus proche, de sa déclinaison spaghetti. Ed Harris, amoureux du genre et grand acteur, réalisa il y a quelques années "Appaloosa" qui, malgré un casting en or massif, n'attira que peu de monde dans les salles.
1882 : Cole et Hitch sont deux amis qui parcourent l'ouest américain pour faire régner l'ordre, arme à la main, devisant peu mais visant juste.
La ville d'Appaloosa est mise en coupe réglée par Randall Bragg, qui a d'ailleurs assassiné le dernier shérif. Qu'à cela ne tienne : Hitch et Cole vont faire revenir l'ordre, à la demande des notables d'Appaloosa. C'en est fini, pourrait-on croire des méfaits de Bragg et de sa bande.
Quand surgit dans la ville la troublante Allison French, tout se complique encore...
Pour son deuxième film en tant que réalisateur, après "Pollock", Ed Harris, acteur que l'on ne présente plus, s'est lancé dans une adaptation d'un roman de Robert B. Parker, surtout connu pour ses romans policiers. Il n'a pas choisi la facilité, puisque "Appaloosa" n'est pas de ces westerns "faciles", dont la résolution est souvent écrite à l'avance. Dans le cas présent, Ed Harris se permet de vrais moments de lenteur et de contemplations, alternant avec des scènes d'action souvent brèves parce que réalistes (arrêtons de croire qu'on court comme un lapin après avoir pris une cartouche !). En visionnant le résultat, on ne peut que se féliciter de ses choix, tant esthétiques que scénaristiques.
L'autre gros atout de "Appaloosa" est constitué de ses personnages, du calibre de ceux qu'on n'oublie pas, incarnés par des interprètes remarquables. Entre Ed Harris, en froid justicier se laissant séduire par la peu farouche et Viggo Mortensen, en fidèle second, spectateur des décisions de son ami, le duo d'acteurs qui mène "Appaloosa" force l'admiration, une fois de plus. Les seconds rôles sont à l'avenant : Jeremy Irons est remarquable dans le rôle du "méchant" (les guillemets ne sont pas superflus), tout comme Renée Zellweger, qui montre une nouvelle facette de son talent (il était temps). Enfin, on ne peut que se réjouir de croiser, même rapidement, les grands Lance Henriksen ou Timothy Spall.L'histoire d'hommes (et de femme) que nous narre Ed Harris, dans le cadre de la ville d'Appaloosa, prend parfois des tours curieux. Mais ce film est constamment intéressant, que ce soit pour son fond comme pour sa forme. Genre devenu rare, le western accouche de temps à autre des jolies pépites : cet "Appaloosa" en fait partie.





