On nous cache tout, on nous dit rien, c'est bien connu. Difficile de faire un pas sur Internet sans tomber sur un complotiste, persuadé que la vérité est ailleurs. Un des exemples les plus fameux de conspirations sur le mode "plus c'est gros, plus ça passe" est celle ayant entouré l'alunissage de la mission Apollo XI, en 1969. Pas mal de nos semblables restent persuadés que tout ceci ne fut qu'une fumisterie, et que les images d'Armstrong et Aldrin furent le fruit d'un tournage en studio, sous la houlette de Stanley Kubrick himself. Pour son premier film, Antoine Bardou-Jaquet a voulu raconter l'histoire de cette prétendue mystification, avec "Moonwalkers". Malgré la présence de Rupert Grint et de Ron Perlman au générique, ce ne fut pas le triomphe attendu.
Juillet 1969 ; au plus fort de la Guerre Froide, la NASA envoie la mission Appolo XI vers la Lune. Le spectre de l'échec plane au dessus de cette mission et la CIA décide d'envoyer Tom Kidman, revenu du Viet-Nâm, en Grande-Bretagne. Là, il devra convaincre Stanley Kubrick de tourner une version studio de l'alunissage. Mais rien va ne se passer comme prévu et Kidman va aller de surprise en surprise au Royaume de sa Gracieuse Majesté.
Pour un premier film, le moins que l'on puisse dire, c'est que Antoine Bardou-Jaquet frappe fort, ou du moins vide dès ses premières images pratiquement tout son chargeur, quitte à ne plus avoir de munitions pour la suite. Ce buddy-movie sous acide (et autres substances en vogue à l'époque) affiche clairement son ambition esthétique , dès le générique animé (et plutôt remarquable). Entre situations improbables, décors très seventies et personnages déjantés, "Moonwalkers" propose un voyage dans une époque, quitte à la caricaturer, mais sans cependant assumer totalement son côté farce.
La deuxième facette du film louche vers l'affrontement entre gangsters, façon Guy Ritchie, modèle évident du réalisateur. Dès que les armes sont sorties, et elles peuvent prendre la forme d'un fusil à pompe comme d'une pelle de chantier, c'est une violence elle aussi caricaturale qui prend le pas et contraste avec l'ambiance psychédélique des séquences consacrées au tournage du fameux film. On pourra regretter que ce grand écart entre deux styles donne au long métrage un aspect bicéphale qui lui nuit souvent.
La deuxième facette du film louche vers l'affrontement entre gangsters, façon Guy Ritchie, modèle évident du réalisateur. Dès que les armes sont sorties, et elles peuvent prendre la forme d'un fusil à pompe comme d'une pelle de chantier, c'est une violence elle aussi caricaturale qui prend le pas et contraste avec l'ambiance psychédélique des séquences consacrées au tournage du fameux film. On pourra regretter que ce grand écart entre deux styles donne au long métrage un aspect bicéphale qui lui nuit souvent.
Le duo, a priori improbable, composé de l'immense Ron Perlman et de Rupert Grint, fonctionne bien, mais ne suffit hélas pas à faire de "Moonwalkers" une vraie réussite, malgré de sympathiques prestations en ce qui concerne les seconds rôles (je songe notamment à Robert Sheehan). Enfin, pour finir par une note plus positive, on se régalera avec la bande originale qui contient quelques standards de l'époque (le contraire aurait été maladroit), forcément délicieux à l'oreille, surtout quand ils illustrent les séquences les plus drôles du film.
Souvent bancal, parfois maladroit, "Moonwalkers" est un divertissement sympathique et dynamique, qui aurait sans doute gagné à exploiter plus avant son outrance, quitte à laisser de côté sa partie axée sur l'action. On se régalera cependant de son esthétique, quitte à ce qu'il ne marque pas les mémoires.





