Affichage des articles dont le libellé est Keira Knightley. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Keira Knightley. Afficher tous les articles

samedi 2 janvier 2016

Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (2012)


La fin du monde, voilà un sujet qui a inspiré moult cinéastes, surtout lors des périodes de crise. Le cataclysme absolu, celui qui renvoie l'humanité au rang de poussière, a été traité de bien des manières, qu'il s'agisse de celle, façon rouleau compresseur, de Roland Emmerich, ou de celle, examinant l'humanité en creux d’œuvres telles que "The Walking Dead". Glisser un peu de romance dans ce décor a priori funeste est plus inattendu. C'est pourtant à cela que s'est risquée Lorene Scafaria, pour son premier long métrage, "Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare" ("Seeking a friend for the end of the world" en version originale). Malgré la présence de Steve Carell et de Keira Knightley, ce petit film n'a rassemblé que peu de spectateurs dans l'hexagone. En lisant récemment le billet que lui consacra une consœur (que je salue au passage), l'envie m'a pris de jeter un œil à ce film méconnu.

Trois semaines : c'est le temps qu'il reste avant qu'un astéroïde ne s'écrase sur Terre et n'anéantisse toute vie. Alors que sa femme l'a quitté à l'annonce du cataclysme, Dodge se réfugie un instant dans sa routine, avant de décider de partir à la recherche de son premier amour. C'est sans compter l'irruption dans sa vie de Penny, sa jeune voisine.
Et s'il ne vous restait qu'une poignée de jours, où iriez-vous ? Que chercheriez-vous ?


Dans les premières séquences, on pense un instant que le film va décrire les derniers jours d'un monde fichu, se permettant à l'occasion quelques audaces. Mais, très vite, laissant cette promesse de côté, il se penche sur le quotidien d'un homme seul et résigné, merveilleusement interprété par Steve Carell. On pouvait s'attendre à rire, on se contentera de sourire, avant de s'émouvoir (ou pas) et de s'interroger.  Pour son premier film, Lorene Scafaria livre un film hélas inégal, ne tenant pas toutes ses promesses, mais possédant une tonalité attachante. Le voyage initiatique que réalisent ses deux protagonistes, dont on connait déjà la fin, puisqu'elle est annoncée, est à la fois fait de légèreté et de gravité. Filmant ses interprètes au plus près, la réalisatrice réussit à conférer à son long métrage un ton résolument humain, celui-là même qui est bien souvent absent des grosses machineries.

Ces héros malgré eux des derniers jours du monde ont pour les servir des interprètes aux talents inégaux. Comme déjà évoqué, Steve Carell est remarquable et vaut à lui seul le visionnage du film. Je suis plus réservé sur la prestation de la fort mignonne mais peu inspirée Keira Knightley. On se réjouira (ou pas, d'ailleurs) des apparitions marquantes de Martin Sheen et de William Petersen, décidément trop rare sur le grand écran.

C'est du côté du scénario que pèche "Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare". Quasiment dénuée de surprises, l'histoire qui nous est contée là est déroulée tranquillement, s'autorisant même quelques longueurs de temps à autre, voire certaines scènes inutiles car inexploitées par la suite. On se surprend à rêver au grand et beau film qu'aurait donné un script plus étoffé, creusant plus profondément dans les intentions de ses protagonistes. 

Moins léger qu'il n'en a l'air, mais cependant pas assez épais pour totalement séduire, "Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare" vaut surtout pour son interprète principal et le ton qui l'habite. Cerise sur le gâteau, sa bande originale est de toute beauté. 



mardi 10 septembre 2013

The Jacket (2005)




Certains films connaissent un parcours difficile, qui finit parfois par déboucher sur un heureux épilogue. Pour d'autres, le long chemin de la production ne mène finalement qu'à l'échec et à l'oubli. Dans le cas de "The jacket", on est dans la seconde catégorie. Ce film indépendant, porté à sa génèse par les producteurs George Clooney et Steven Soderbergh, avait été confié à Antoine Fuqua (le réalisateur du récent "La chute de la maison blanche") avant d'échoir au peu connu John Maybury, metteur en scène de "Love is the devil", qui narrait l'histoire du peintre Francis Bacon. Du côté du casting, la tâche ne fut pas aisée non plus. Après avoir envisagé dans le rôle principal, Colin Farrell, puis Mark Walnergh, c'est enfin Adrien Brody qui prit le relais. Lorsque, finalement, "The jacket" finit par sortir en salles, il reçut un accueil des plus frileux et, hormis pour les cinéphiles les plus curieux, sombra dans l'oubli. Cruel destin pour un film : il n'est jamais trop tard réparer un tel oubli, grâce au généreux marché de la vidéo.

Gravement blessé (au point qu'on l'ait cru mort) pendant la guerre du Golfe, et amnésique depuis, Jack Starks est accusé d'un meurtre dont il n'a aucun souvenir. Enfermé en raison de son état mental dans un hôpital psychiatrique de haute sécurité, il va être le sujet d'une terrifiante expérience. Le Docteur Becker, qui dirige l'établissement, va utiliser Jack comme cobaye dans le cadre d'une méthode qu'il a mis au point : corseté dans une camisole de force et enfermé dans un tiroir de morgue, le pauvre aliéné va être la proie de visions venues du passé mais aussi de l'avenir.

Difficile de raconter l'histoire proposée par "The jacket", tant elle mêle les époques avec brio et aussi parce que je me refuse à tout spoiler. Toujours est-il que sur la partition déjà maintes fois jouée du voyage temporel, John Maybury réussit à imposer sa propre tonalité, au point qu'il est difficile de comparer son film à une autre oeuvre déjà connue (à la rigueur, on pourrait évoquer le remarquable "Effet papillon"). Sur ce créneau extrêmement pointu, il est aisé de rater son coup et de sombrer dans le bancal. L'adhésion du spectateur n'est jamais acquise, tant le style ne pardonne guère. Pour que l'exercice soit réussi, il faut un scénario solide, qui rende presque crédible l'histoire contée. Dans le cas de "The jacket", inutile de tourner autour du pot : le script est en béton armé et l'on adhère sans réserve aux événements qui prennent place sur l'écran. Saluons donc bien bas l'équipe en charge de l'histoire et du scénario, mais également le réalisateur, qui réussit à insuffler une ambiance poisseuse, presque vénéneuse à son long métrage. Filmé à hauteur d'homme, s'efforçant de faire de ses personnages des héros ou des salauds, "The jacket" est un film fantastique profondément humain, ce qui joue en faveur de sa crédibilité (un comble pour un film fantastique).

La distribution est, elle aussi, pour beaucoup dans la réussite du film. Tous les acteurs sont remarquables, à commencer par Adrien Brody, qui prouve l'étendue de son registre, après sa prestation du "Pianiste". Derrière lui, qu'il s'agisse de Keira Knightley (qui trouve ici l'un de ses meilleurs rôles), du trop rare Kris Kristofferson, de Jennifer Jason Leigh ou, dans des rôles minces mais marquants, Brad Renfro et du surprenant Daniel Craig (oui, vous avez bien lu, 007 en personne !), tous participent à la réussite de l'entreprise.

Film de genre doté d'une ambiance remarquable, aux personnages incarnés par des acteurs inspirés et doté d'un scénario qui mérite le détour, "The jacket" aurait mérité mieux que le peu de fièvre qu'il déclencha lors de sa sortie. Pour qui aime les histoires plus complexes que la moyenne et les films fantastiques qui ont une véritable identité, "The jacket" fait figure d'incontournable, malgré le peu d'audience qu'il reçut. N'hésitez pas, si l'occasion vous en est donnée, à lui donner une deuxième chance !


dimanche 5 août 2012

Never let me go (2011)



Il est des thèmes qui, selon le traitement qu'ils subissent, peuvent donner des films radicalement différents. A titre d'exemple, je pourrais citer "Armageddon" (de Michael "Bulldozzer" Bay) et "Deep Impact" (réalisé par Mimi Leder) : partant du même pitch de base, les deux films n'ont, au final, que peu en commun, l'un (devinez lequel) accumulant les effets spectaculaires, tandis que l'autre réussit à garder une dimension humaine. 

En visionnant "Never let me go", on ne peut s'empêcher de faire la même comparaison, son pendant "hollywoodien" étant cette fois "The Island" (de Michael "char Panzer" Bay, encore !). En effet, il est question, dans ce film de science-fiction, de clones "élevés" pour servir de donneurs d'organes, en vue de prolonger l'existence des nantis leur ayant servi de modèle.
Même si le décor a changé (nous ne sommes plus sur une île, mais en Angleterre), nul n'est besoin d'être devin pour voir les similarités entre les deux films. Le parallèle entre "The Island" et "Never let me go" est l'occasion de mesurer la différence de traitement entre deux réalisateurs (j'irais même jusqu'à parler de deux conceptions du cinéma). D'un point de vue "business", le verdict fut sans appel : "The Island" fut couronné de succès, tandis que son pendant britannique est passé aux oubliettes. Faites le test autour de vous, vous constaterez sans peine, j'en ai peur, que peu de gens connaissent "Never let me go", tandis que le film de Michael "Caterpillar" Bay jouit d'une relative notoriété. 

Pour résumer le film, sachez que, dans "Never let me go" (tiré du roman "Auprès de moi toujours" de Kazuo Ishiguro), les "clones" futurs donneurs d'organes sont élevés dans une institution coupée du monde vouée, semble-t-il, à leur apporter le meilleur. Quand ils arrivent en âge d'accomplir leur mission, ils quittent cette école pour remplir leur mission, consciencieusement, puisque théoriquement dépourvus d'âme. Le seul espoir d'un sursis réside dans l'existence entre eux de l'amour, qu'ils doivent néanmoins prouver. 
 
Entre science-fiction et tragédie romantique, "Never let me go" est réalisé par Mark Romanek, sur un scénario de Alex Garland, collaborateur régulier de Danny Boyle. Son casting compte les jeunes (et excellents) Andrew Garfield (tête d'affiche du récent reboot de "Spiderman"), Keira Knightley et Carey Mulligan, mais aussi Charlotte Rampling, impériale de sobriété. Sur un rythme lent, le film éblouit par sa beauté plastique. Mais, surtout, il est de ces films qui font réfléchir, une fois leur visionnage terminé. L'un des buts de la science-fiction est de servir de miroir à notre monde, et à y projeter ses travers. "Never let me go" excelle dans cette utilisation d'un genre si souvent décrié. 

A ce titre, comme à celui de la réussite cinématographique, l'échec commercial de ce film est foncièrement injuste (surtout au regard du succès du blockbuster de Michael Bay, dont vous aurez tous compris à quel point j'ai peu d'estime). Il mérite amplement une deuxième séance...

mardi 24 juillet 2012

Domino (2005)




Il y a des soirs, je me trouve admirable. 

Non, sans rire, pour alimenter ce blog, il m'arrive régulièrement de visionner de petits bijoux, mais aussi des films qui n'en méritaient pas tant. Et, lorsque, par le hasard de la TNT, j'ai découvert "Domino", un film de Tony Scott dont je n'avais pas entendu parler auparavant, il était inévitable que je me penche sur son sort. En effet, le pauvre n'avait pas connu un grand succès à sa sortie, malgré un casting prestigieux (la très mignonne Keira Knightley, le revenant Mickey Rourke, mais aussi Lucy Liu, Christopher Walken, Jacqueline Bisset, entre autres). 

"Domino" est tiré de l'histoire véridique de Domino Harvey, fille de l'acteur Laurence Harvey, mannequin devenue chasseuse de  primes, et décédée d'une overdose peu avant la sortie du film (qui lui est d'ailleurs dédié). Pour les plus curieux d'entre vous, sachez qu'elle fait une petite apparition dans le film, dans son propre rôle. 

Filmer le destin hors du commun de pareil personnage, pourquoi pas ? On a vu des biopics plus dénués d'intérêt (non, non, je ne balancerai pas) et celui-là, de par les extrémités par lesquelles il passe, eut fait une remarquable vue en coupe du rêve américain. C'est d'autant plus rageant de constater l'échec flagrant de l'entreprise. 

La faute à qui ?  

A Tony Scott, indéniablement. Autant ce réalisateur a pu montrer son efficacité par le passé (je songe aux très  réussis "Ennemi d'état" ou "Les prédateurs"), autant le cadet de Ridley Scott est capable du pire (citons, en vrac et sans préférence, "Top Gun" et "Jours de Tonnerre"). Force est de reconnaître que, même s'il était pourvu des meilleures intentions, "Domino" est à ranger rapidement dans la catégorie des pires films de Tony Scott.  

Sans doute est-ce là une résurgence de son passé de cinéaste publicitaire, mais Scott use et abuse dans ce film des accélérations, de mouvements de caméra épilectiques, de jeux de couleurs poussées à leurs extrêmes. Ce qui peut fonctionner dans une publicité, voire un clip vidéo, s'avère vite épuisant pour le téléspectateur. Même Zack Snyder, pourtant bien fatigant dans son genre, ne se permet pas de telles aggressions pour les cellules optiques de ses spectateurs. Comme si cela ne suffisait pas, Scott se sert également de la bande sonore pour désorienter les rares spectateurs n'ayant pas encore déserté la salle. En poussant toutes les manettes dans le rouge, il fait de son film une sorte de clip extrême (et extrêmement long), aussi insupportable que le fut "Tueurs Nés" en son temps.  

Face à pareille réalisation, même le meilleur scénario ne résisterait pas longtemps. Celui de "Domino", écrit par  Richard Kelly (auteur du très intéressant "Donnie Darko" et du calamiteux "The Box"), passé à la moulinette face au déferlement d'effets dont use Scott, est pratiquement opaque, pour le spectateur. Hachée par un montage fait à la débroussailleuse, l'histoire de Domino semble syncopée et l'on n'en retient que quelques répliques trop artificielles pour être vraies.  

Même le jeu des acteurs et les efforts qu'ils font pour donner corps à cette histoire sont rendus vains par la frénésie de Tony Scott. C'est dommage, car la ravissante Keira Knightley aurait pu profiter de ce rôle pour montrer qu'elle n'est pas qu'une icône sexy. 


Il est des personnages dont la vie "bigger than life" méritent d'être contée. A n'en pas douter, celle de Domino Harvey fait partie de celles-là. Sans doute vécut-elle trop fort et trop vite. Ce n'était pas une raison pour la filmer sur ce train d'enfer.