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mercredi 18 janvier 2017

Le chasseur de primes (2010)


Je ne vais pas vous faire l'affront d'exposer les composantes inévitables d'une comédie romantique. Souvent abordé dans ces colonnes, le genre connaît parfois quelques variations de forme, à défaut du fond. Malgré un honnête succès outre-Atlantique, "Le chasseur de primes" n'a pas attiré grand monde dans les salles hexagonales. Pourtant, le duo qu'il affichait avait un certain capital sympathie, avec la présence de Jennifer Aniston (la Rachel de "Friends") et de Gerard Butler (le Léonidas de "300").

Milo Boyd, ancien policier reconverti en chasseur de primes, se voit confier une mission inattendue : mettre la main sur Nicole Hurley, une jeune femme qui ne s'est pas présentée à l'audience devant le juge qui l'attendait. Ce serait une mission de routine si Nicole n'était pas l'ex-femme de Milo. Entraînés malgré eux dans une affaire qui les dépasse, tous deux vont évidemment se rapprocher, voire plus si affinités...

Même si j'avoue une faiblesse pour les comédies romantiques, je ne suis pas prêt à toutes les regarder avec bienveillance, au prétexte qu'elles suivent un sentier connu et rassurant. Dans le cas de ce "Chasseur de primes", réalisé par Andy Tennant, jusqu'ici essentiellement connu pour "Hitch, expert en séduction" et "Anna et le roi"), l'abus de faiblesse est évident. Cette romcom ne fonctionne tout simplement pas.

Artificiellement gonflé par des intrigues et des personnages secondaires qui n'apportent rien à
l'histoire, ce film tente de combler ses vides et son manque de matière à grands coups de pseudo-surprises et d'un suspense en carton. Une des échappatoires consiste alors à se réfugier dans la sympathie que peuvent générer les personnages. Dans le cas présent, c'est également peine perdue. A part quelques séquences où ils peuvent se montrer un peu attendrissants, les deux protagonistes, caricatures ambulantes, génèrent plus d'agacement que d'attachement. C'est fâcheux, mais l'on ne peut que comprendre les nombreuses nominations que ce film reçut aux Razzie Awards (pire acteur, pire actrice, pire couple à l'écran et pire film, rien que cela). Mademoiselle Aniston, vous pouvez faire mieux qu'utiliser votre jolie plastique et votre charmant sourire dans de piètres comédies. Monsieur Butler, il faut arrêter avec cette chemisette, merci.

On a beau être en territoire balisé, voire connu, on est en droit d'attendre un minimum d'une comédie romantique. Quand même la sympathie qu'on peut éprouver pour ses interprètes ne suffit pas, force est d'admettre que "Le chasseur de primes" est très oubliable.


vendredi 20 juillet 2012

Beowulf & Grendel (2005)


Quand on parle de "Beowulf", le commun des mortels songe au mémorable nanar dans lequel notre Christophe Lambert national se commit il y a quelques années. D'autres, plus jeunes, penseront à l'adaptation en "motion-capture" réalisée, plutôt avec talent, par Robert Zemeckis. Les plus intellos de mes lecteurs évoqueront un poème épique, une des légendes fondamentales de la culture anglo-saxonne, adulée (et traduite, en son temps) par J.R.R. Tolkien, où Beowulf, un fameux guerrier danois est appelé à combattre Grendel, monstrueux troll qui terrifie la contrée où il vient de poser pied. 

Mais peu connaissent cette adaptation cinématographique, réalisée par Sturla Gunnarsson (dont le précédent film, "Drôles d'oiseaux" sombra lui aussi dans l'oubli), et dans laquelle jouent (entre autres) Gerard Butler ("300", "Prisonniers du Temps", "L'abominable vérité"), Stellan Skarsgard (récemment vu dans "Un chic type") ou Sarah Polley ("Splice", "Mr Nobody"). 

Malgré son petit budget, cette coproduction britanno-canadienne, tournée en Islande tente pourtant de donner corps au mythe, quitte à prendre quelques libertés avec lui. Résumons rapidement l'histoire : le village que dirige Hrothgar (Stellan Skarsgard) est terrorisé par Grendel, monstre sanguinaire venu des ténèbres. Beowulf, guerrier sans peur, vient au secours de Hrothgar avec ses hommes et, quitte à affronter mille périls, s'attaquera au terrible troll. 

A lire ces lignes, on peut se dire que le "pitch" est peu maigre et qu'il n'y a pas forcément de quoi faire un film dense. C'est la raison pour laquelle quelques aménagements ont été faits, pour enrichir le scénario. Je pense notamment au personnage de Selma (incarné par Sarah Polley) ou au comportement singulier de Hrothgar . Cela n'empêche pas, hélas, de constater quelques longueurs dans le film et de trouver que celui-ci manque singulièrement de rythme. La réalisation, hélas, peine à donner à "Beowulf & Grendel" l'énergie nécessaire, le souffle épique qu'on aurait aimé y trouver. Bien souvent, les plans donnent l'impression d'assister à un documentaire, ou à un travail d'amateur (quoiqu'on ait vu de redoutables fan-films). Le petit budget de ce long métrage n'est à aucun moment compensé par la foi qu'aurait du y insuffler son équipe et, au premier rang, son metteur en scène. 

Peu servis par un réalisateur visiblement en manque d'inspiration, les comédiens font ce qu'ils peuvent, mais donnent l'impression de s'ennuyer ferme. Du coup, l'ennui étant communicatif, le spectateur subit ce film sans y adhérer, sans y croire... On ne peut reprocher, à moins d'être un critique particulièrement acerbe et de mauvaise foi (il y en a, mais je ne balancerai pas), son manque de moyens à une oeuvre, cinématographique ou autre. Par contre, ce qui fait fatalement défaut à "Beowulf & Grendel", c'est l'ambition et le souffle épique. 

La clef de la réussite, voire du succès, de cette adaptation aurait pu être une réalisation plus à la hauteur de l'oeuvre originelle. Faute de cela, le film échoue à donner corps à Beowulf, comme si cette oeuvre était maudite...







mardi 3 juillet 2012

Prisonniers du temps (2004)



Le cinéma n’est pas une science exacte (ce n’est pas une science, déjà, rétorqueront les plus vifs d’entre vous, et ils auront raison, mais cela ruinerait mon introduction). On a beau disposer d’une histoire solide (puisque tirée d’un roman de Michael Crichton, dont on ne compte plus les best-sellers et les adaptations réussies…ou pas), d’un réalisateur ayant déjà maintes fois fait ses preuves (Richard Donner, à qui l’on doit, entre autres, « Superman » ou la série des « Arme Fatale ») et d’un casting motivé (Paul « Fast and Furious » Walker et Gerard « 300 » Butler en tête), on peut échouer. 


Quand ça veut pas, ça veut pas, comme on dit… 


Je vous fais le pitch, rapido :  


 Edward Johnston, archéologue enthousiaste, mène avec ses étudiants des fouilles en Dordogne, sur l’ancien site médiéval de Castelgard. Alors que le professeur Johnston doit se rendre aux Etats-Unis pour rencontrer son mécène (le grand manitou de l’International Technology Corporation), son équipe fait une trouvaille étonnante : une lettre, datée du XIVème siècle, signée de la main de Johnston lui-même. Bien vite, ils comprennent que leur vénéré mentor a testé la dernière invention de l’ITC et s’est retrouvé, en pleine Guerre de Cent Ans, sur le territoire français. N’écoutant que leur courage et leur dévotion pour cet enseignant si exemplaire, les étudiants de Johnston décident alors d’aller, eux aussi, retrouver leur professeur dans le passé. 

Le thème du voyage dans le temps a déjà été maintes fois exploité au cinéma (les incontournables « Retour vers le futur », « Terminator », « L’armée des douze singes », « La machine à explorer le temps », mais aussi les moins connus et très recommandables « Fréquence interdite » ou « C’était demain », par exemple) et en littérature (je vous recommande au passage la lecture de « La patrouille du temps » de Poul Anderson). Pour peu qu’on sacrifie toute crédibilité scientifique au « suspension of disbelief », ce peut être un bon sujet de fiction, bien qu’un peu casse-gueule. 

L’un des intérêts du roman de Crichton était d’apporter une explication quasi-scientifique à ce grand fantasme de la science-fiction. Hélas, dans l’adaptation cinématographique, tout le mécanisme du voyage dans le temps est passé à la trappe (ou presque), évacué en quelques minutes au profit de la fluidité du récit. Il ne faudrait surtout pas que ce soit trop difficile à comprendre pour le spectateur moyen. 

 Du coup, l’histoire perd la plus grande partie de son intérêt. « Prisonniers du temps » devient vite une série B banale au script souvent confus et bâclé, où émergent (de façon fugitive, hélas) quelques bonnes idées, chaque fois torpillées par un scénario brouillon. Alors, peu à peu, le spectateur est condamné à assister au naufrage de ce qui aurait pu être, si ce n'est un grand film, au moins un honnête divertissement. 


Malgré tout leur talent, réalisateur et acteurs (au rang desquels on notera tout de même la présence, dans les seconds rôles, de Daniel Thewlis, et de Lambert Wilson, habitués à de meilleurs choix...ou pas) n'arrivent pas à sauver le film du naufrage. Oubliez également les scènes de batailles médiévales qui louchent du côté de « Braveheart » (ce que revendique l’affiche, soit dit en passant), sans cependant en atteindre l’efficacité brutale. 


Au final, donc, « Prisonniers du temps » ne mérite guère de séance de rattrapage. Inutile de remonter dans le temps, laissons ce film se faire oublier...