vendredi 15 août 2014

La belle et la bête (2014)


On peut parfois se demander pourquoi telle ou telle histoire a la faveur des scénaristes et fait l'objet d'innombrables adaptations au grand écran, de bonne ou de moins bonne facture. A l'instar de Jeanne d'Arc ou de Gozilla, le conte de la Belle et la Bête a connu bien des avatars au cinéma, du grand classique réalisé par Jean Cocteau au dessin animé produit par Disney, en passant par la comédie musicale ou la série télévisée (sous deux moutures, d'ailleurs).
Christophe Gans, ancien critique cinéma, qui fit ses premières armes sur grand écran avec "Crying freeman", avant de décrocher la timbale avec "Le pacte des loups", puis (après une longue absence) de revenir au grand écran avec "Silent hill", a porté sa version de "La belle et la bête" pendant trois ans. Interprétées par Léa Seydoux et Vincent Cassel, ni la Belle, ni la Bête en question n'ont déchaîné la foule lors de la sortie de ce film. 

En 1810, un riche marchand ruiné suite au naufrage de ses trois navires se retrouve forcé de s'exiler à la campagne avec ses six enfants. La plus jeune (et la plus jolie) de ses filles, Belle, est la seule à se contenter de ce sort. Lors d'une tempête de neige, le marchand trouve asile dans un étrange château. Pour y avoir dérobé une rose, il est condamné à mort par le maître des lieux. La jeune Belle choisit de se sacrifier en lieu et place de son père et se constitue alors prisonnière de la Bête qui règne sur le domaine. Elle va découvrir l'histoire qui conduisit un jeune prince arrogant à être maudit et à devenir le monstre du château...

L'histoire est des plus classiques, tant ce conte de fées a été narré de toutes les manières imaginables. On pouvait attendre de Christophe Gans, grand artisan de la forme cinématographique, qu'il fasse subir à cette fable un sérieux lifting. Et il faut le reconnaître : esthétiquement parlant, le film est une réussite...si l'on passe sur le manque de finition des effets spéciaux. C'est en effet là que le bât blesse. Pratiquement toutes les séquences sont l'objet de trucages numériques, dont on constate bien souvent qu'ils auraient mérité un meilleur traitement. Du coup, nombreux sont les moments où l'on se rend compte de la présence des dits effets, alors que leur première vertu devrait être la discrétion. 

Du côté des acteurs, on peut poser le même constat que celui qui prévalait déjà pour "Le pacte des loups" : devant bien souvent réciter des répliques tombant à plat, les interprètes doivent tout miser sur leur présence physique (comme le font les deux acteurs principaux, chacun à leur manière), ou cabotiner à outrance. On notera au passage l'exaspérante Audrey Lamy, à gifler dans le rôle d'une des sœurs de Belle, et qui semble avoir oublié que le monde ne se réduit pas à "Scènes de ménage". 

Pourtant, il y a quantité de bonnes choses dans la retranscription du conte faite par Christophe Gans. L'ambiance générale du film n'est pas sans évoquer le formidable "Labyrinthe de Pan" (sans hélas en avoir la profondeur) et le tout a, malgré les défauts évoqués plus haut, une véritable identité visuelle. Cela n'est pas suffisant, bien entendu, pour assurer l'entière réussite de l'entreprise. Cependant, pour celles et ceux qui cherchent un peu d'enchantement et souhaitent saluer l'ambition du réalisateur, le film peut valoir le détour. Les spectateurs plus exigeants passeront sans doute leur chemin...


dimanche 10 août 2014

Jack et la mécanique du coeur (2014)


Les incursions hexagonales dans le cinéma d'animation sont rares : raison de plus pour se pencher sur leur sort, fût-il funeste en matière d'audience. Adapté du roman "La mécanique du cœur", le conte musical du même nom (auquel collaborèrent quelques grands noms, de Jean Rochefort à Alain Bashung, en passant par Grand Corps Malade et Eric Cantona), "Jack et la mécanique du cœur" adapté pour le grand écran par Mathias Malzieu (leader du groupe Dionysos et auteur du roman) et Stéphane Berla, déjà remarqué pour ses travaux dans le domaine de l'animation. L'histoire veut que Mathias Malzieu ait rencontré Luc Besson sur le plateau du "Grand Journal" de Canal + et que la genèse du film commença ce jour là. Hélas, lors de sa sortie, "Jack et la mécanique du cœur" ne rencontra pas le succès espéré. 

Né le jour le plus froid du monde, Jack a été sauvé par Madeleine, une étrange sage-femme qui lui installa, en lieu et place du cœur, une drôle de mécanique. Trois lois régissent désormais son existence : ne jamais toucher aux aiguilles de son étrange cœur, ne jamais se laisser emporter par la colère et, surtout, ne jamais tomber amoureux. Lorsqu'il croisera la jolie demoiselle Acacia, Jack va, pour son plus grand malheur, découvrir l'amour, même si la belle est déjà sous la coupe du sinistre Joe. Qu'à cela ne tienne, il ira jusqu'à la suivre en Andalousie, dans un périple inattendu.

Il est de bon ton de sortir le goudron et les plumes, en ce qui concerne les productions françaises. Ces colonnes ont souvent été l'occasion, je le reconnais de reprocher au cinéma hexagonal son manque d'originalité et sa frilosité. De même, les productions Europa Corp ont été plus d'une fois la cible d'attaques en règle (mais elles l'avaient bien cherché). L'équation de départ film d'animation français plus production Besson avait donc de quoi faire frémir le spectateur potentiel. Ayant apprécié l'album et dévoré le roman, j'ai cependant vaincu mes réticences pour visionner ce film d'animation.

Globalement fidèle au matériau d'origine, "Jack et la mécanique du cœur" cible un public plus large que celui-ci, sans cependant céder à la tentation tout sucre tout miel du happy-end visible à l'avance. Malgré quelques baisses de régime, le film dispose de beaux moments et réussit à captiver l'audience.

Mais, le point fort de "Jack et la mécanique du cœur" est sans conteste son esthétique qui n'est pas sans
rappeler certaines œuvres de Tim Burton, tout en réussissant à imposer sa propre identité. Réussissant le grand écart entre l'innocence de l'enfance et la mélancolie propre aux adultes, les réalisateurs donnent joliment corps à la fable de Mathias Malzieu. 

Certes, on regrettera la raideur de l'animation et l'absence de toute foisonnement (notamment sur l'arrière-plan) qui aurait donné plus de vie et de corps à ce conte plein de noirceur et de poésie. L'émotion qui était palpable dans le roman (et l'album musical) est moins présente à l'image, les personnages semblant souvent impassibles. Heureusement, le doublage (on saluera notamment la prestation vocale de Jean Rochefort, évidemment remarquable) relève ce qu'on pourrait qualifier d'interprétation.
Alors, oui, on est encore loin de la qualité des productions venues d'outre-Atlantique, même si la tentative est à saluer. Oui, "Jack et la mécanique du cœur" peut sembler manquer d'épaisseur et de consistance, au regard de ses illustres aînés. Mais il a le mérite d'exister, et d'assumer pleinement son identité. En cela, il aurait mérité plus d'égard lors de sa sortie. 


dimanche 20 juillet 2014

Le temps des vacances...


L'été est là, paraît-il.


Voici  donc venue l'heure de prendre un peu de repos, d'abandonner pour un temps les salles obscures et les films oubliés. 

Je vous souhaite à toutes et tous d'excellentes vacances : à bientôt ! 

mercredi 16 juillet 2014

Jamais le premier soir (2013)


Ce n'est pas la première fois que je me penche sur le sort dramatique de la comédie française, sur ce blog, essayant de comprendre pourquoi tel ou tel film n'a pas fonctionné et n'a pas rencontré le succès attendu. Souvent, c'est parce qu'en se contentant de décliner ad nauseam le même schéma (oui, Dany Boon, je pense à toi), ou qu'en transposant mollement les recettes de la romcom, les comédies (ou revendiquées comme telles) hexagonales font rarement rire, à peine sourire et provoquent souvent l'ennui. 
Sorti tout récemment, "Jamais le premier soir" prétendait appartenir, à en croire sa tagline, au genre sympathique des feel-good movies (promis, j'arrête là les anglicismes). Avec un peu plus de 800 000 entrées en salle, il ne saurait être qualifié de succès, même s'il aura, sans l'ombre d'un doute, sa séance de rattrapage sur le petit écran.

Fille dynamique, Julie s'est fait larguer par coursier interposé. Après avoir traversé une période d'abattement, sous le regard effaré de ses deux copines, elle trouve le salut dans une nouvelle philosophie de vie : "Le bonheur, ça s'apprend". Entre salons du zen, conférences de pseudo-philosophes et ouvrages donnant des leçons de vie, Julie se reconstruit, alors que Rose et Louise, ses deux amies proches, en apprennent long sur elles-mêmes. De rencontres en rencontres, toutes les trois vont devenir d'autres femmes...

Dès le générique, j'aurais du me méfier. Quand le logo "EuropaCorp" a surgi sur l'écran, un léger frisson d'angoisse m'a parcouru l'échine, mais j'ai cru bon de laisser au film le bénéfice du doute. Mal m'en a pris car, dès les premières scènes, "Jamais le premier soir" dément tous les espoirs qu'on aurait pu placer en lui.

Mené par un trio de filles oscillant sans cesse entre hystérie et jeu à côté de la plaque, "Jamais le premier soir" est une succession de clichés dramatiques. Mesdames, mesdemoiselles, vous valez mille fois mieux que ce que ce film décrit de vous. Confier le rôle principal à Alexandra Lamy était déjà une mauvaise idée, au vu du peu de talent de la fille de "Un gars, une fille". Placer en seconde ligne Mélanie Doutey (certes, très jolie) et Julie Ferrier n'arrange rien. Dans le sillage de ce trio dévastateur, le reste du casting (on citera Jean-Paul Rouve ou Michel Vuillermoz, dont on peut se demander ce qu'ils font là) boit la tasse, plombé par le jeu souvent outrancier et toujours agaçant des trois pilotes.

Ni la réalisation, ni le scénario ne sauvent "Jamais le premier soir" du naufrage. Embourbé dès le début dans une mélasse improbable sans queue ni tête, le premier (et sans doute dernier) film de Melissa Drigeard est pénible à suivre et, surtout, traite son spectateur par le mépris, accumulant scènes sans intérêt ni logique.

Il y a tromperie sur la marchandise : "Jamais le premier soir" ne vous rendra pas heureux. Ce qu'il inspire au visionnage est, au mieux, l'ennui et, plus vraisemblablement, la perte de tout espoir concernant la comédie française. A l'heure où celle-ci fait un triomphe dans les salles obscures ("Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?" louche vers les 10 millions de spectateurs), il peut paraître étrange de tenir ce discours, mais le fait est que "Jamais le premier soir" est la comédie de trop, en ce qui me concerne. C'est probablement la dernière fois que je me penche sur le sort dramatique de la comédie française. A mes yeux, celle-ci est bien trop malade pour qu'on s'acharne à lui prodiguer les soins qu'elle refuse. 


vendredi 11 juillet 2014

Jonah Hex (2011)


Les adaptations de comic-books ont le vent en poupe. Les productions Marvel ne cessent de battre des records, chaque fois qu'elles mettent en scène les super-héros qui dirent la renommée de ce qui fut autrefois une simple maison d'édition. Son principal concurrent, DC Comics a du mal à faire face et, hormis Batman et Superman, n'a que peu de challengers à opposer aux X-Men et autres Avengers. Parmi les adaptations qui ne remuèrent guère les foules, on peut citer "Jonah Hex", issu de l'univers DC Comics. Son immense échec aux Etats-Unis fut tel que ce film ne sortit, dans nos contrées, qu'en vidéo, et encore, avec son doublage québécois. 

Pour avoir refusé d'obéir à son supérieur, le terrible Turnbull, Jonah Hex a vu sa famille massacrée par lui, avant d'être marqué au fer rouge par cet officier. Laissé pour mort, il a pourtant été sauvé par des Indiens et, depuis, possède quelques pouvoirs (dont celui de communiquer avec les morts). 
Bien décidé à obtenir vengeance, Jonah Hex va affronter Turnbull qui, lui, a décidé de rayer de la surface de la Terre les Etats-Unis, voire le reste du monde.

Je n'irai pas par quatre chemins. "Jonah Hex" est mauvais, épouvantablement mauvais et mérite bien le sort qui fut le sien lors de sa sortie (ou de ce qui lui tint lieu de sortie). Un tel ratage ne donne guère envie de consacrer des lignes à l'autopsie de ce qui aurait pu être un film intéressant, à défaut d'être une oeuvre mémorable, ni à chercher les raisons du désastre. 

Jimmy Hayward réalise ici son premier long-métrage en prise de vues réelle, après "Horton". Il réussit à cette occasion à faire un film d'action ennuyeux malgré sa courte durée (1h10 !), prévisible, mal filmé, monté au sécateur, doté d'effets spéciaux calamiteux.  Au vu du bide monumental de ce film, il est probable que ce réalisateur ne se voit pas confier de caméra avant longtemps. 

Que dire de la distribution ? Que les premiers rôles cabotinent à outrance, qu'il s'agisse de Josh Brolin ou de John Malkovitch ? Que la plastique de Megan Fox ne peut en aucun cas faire oublier son manque de talent ? Qu'on est bien chagriné pour Michael Fassbender ? Que Michael Shannon mériterait décidément mieux ? Nul doute que "Jonah Hex" fait partie des films que ces acteurs aimeraient sans doute oublier. 

Il n'y a absolument rien à sauver de "Jonah Hex", même pas sa bande originale. Ce n'est pas encore cette fois que le mélange du western et du fantastique fonctionnera sur grand écran. 




dimanche 6 juillet 2014

Flipped (2010)


Rob Reiner a réalisé de grands films, inoubliables pour bon nombre de cinéphiles. Je citerais, dans des registres très variés, "Quand Harry rencontre Sally", "Stand by me", "Princess Bride" ou "Spinal Tap". Qu'un de ses films ait peu de succès a de quoi surprendre. Qu'il ne sorte carrément pas sur nos écrans peut désarçonner. Le récent "Flipped", qui avait pourtant comme cadre les années 50 qui réussirent tant par le passé à ce réalisateur, fut l'un de ses plus gros échecs commerciaux. Ayant rapporté moins de 2 millions de dollars, il n'atteint jamais les salles obscures de l'hexagone. Avoir réalisé quelques-uns des standards du cinéma des années 80 n'est donc en aucun cas le sésame vers le succès.

Julianna Baker est tombée amoureuse de Bryce Loski le jour où ce petit garçon a emménagé de l'autre côté de sa rue. Depuis, elle sait qu'un jour, elle l'embrassera, malgré leurs différences et les obstacles qui se dressent entre eux. 
Bryce, de son côté, voit en Julianna une fille bizarre, qui le poursuit de ses assiduités depuis l'école primaire. Qu'elle s'attache à un vieux sycomore promis au tronçonnage ou qu'elle distribue les oeufs de ses chères poules dans le quartier, rien à faire : la fille bizarre de l'autre côté de la rue lui est indifférente. Enfin, c'est ce qu'il pense, ou aimerait penser. 

A lire ce rapide résumé, on peut se dire qu'on a affaire ici à un nouvel opus dans la catégorie déjà surpeuplée de la comédie romantique, même si l'histoire en question prend ses racines dans le plus jeune âge de ses protagonistes. Tiré d'un roman de Wendlin van Draanen, le scénario (le premier écrit par Reiner depuis le mythique "Spinal tap") prend le parti de situer l'intrigue dans l'Amérique des années 50, chère à ce réalisateur. Il fleure bon sur cette histoire un parfum de "Happy days" et il faut reconnaître qu'en cela, l'adaptation est réussie. L'autre bonne idée est de donner la parole, alternativement, à Bryce, puis à Julianna, permettant au spectateur de revenir sur le point de vue qu'il avait adopté sur telle ou telle situation.

Ce qui pêche le plus dans le film est, cependant, à mettre au débit du scénario et de certains de ses choix malheureux. A plus d'une reprise, l'intrigue s'embourbe, sous couvert d'explication, dans l'ornière du mélodrame, ou dans des séquences inutilement allongées alors que d'autres auraient mérité plus d'ampleur. Je songe notamment au passage concernant les œufs que distribue Julianna, débouchant sur maintes scènes répétitives, alors que le sycomore (auquel le film doit tout de même son affiche) voit son existence rapidement expédiée. 

Rob Reiner a toujours eu une affection particulière pour ses acteurs, en particulier les plus jeunes. On se souviendra avec émotion de l'ode à l'enfance qu'était "Stand by me". Ce"Flipped" ne fait pas exception. Remarquablement dirigées, les enfants interprétant les deux héros de cette romance insufflent la crédibilité qui aurait pu faire défaut à ce film. Face à eux, les revenants Aidan Quinn et Rebecca de Mornay, qui se font décidément bien rares à l'écran, imposent par leur présence et leur talent, sans cependant faire d'ombre à leurs jeunes protagonistes. 

Certes, "Flipped" n'est pas un film à la hauteur des "grands" films de Rob Reiner, mais il méritait mieux que l'accueil glacial qui fut le sien. Les amateurs du genre, s'ils ont l'occasion de le visionner, auraient tort de s'en priver. 












mardi 1 juillet 2014

The day (2011)


Les films post-apocalyptiques ont le vent en poupe. Entre "La route", "Le livre d'Eli", le récent "Snowpiercer" et le prochain retour de Mad Max, pour ne prendre que ces deux exemples, la période de crise que nous traversons est propice à ce mode d'expression. Les craintes les plus terrifiantes de l'humanité peuvent y être exposées, de la même manière qu'elles le sont dans les films (ou séries) de zombies. Remarqué au festival de Gérardmer, le film "The day" n'a pourtant pas eu l'heur d'une sortie en salles digne de ce nom (à l'instar du récemment chroniqué "The door : la porte du passé") dans les salles françaises, et c'est donc au rayon "direct-vidéo" qu'on peut trouver cette petite oeuvre au parfum d'apocalypse et de déliquescence de l'humanité. 

Qu'importe la raison : l'humanité est terrassée et le monde n'est plus qu'un champ de ruines à l'abandon. Ça et là, vagabondent des bandes de survivants, prêts à tout pour survivre, alors que seule la loi du plus fort et du moins humain règne désormais. Cinq de ces survivants, affamés, trouvent refuge dans une maison loin de tout. Alors qu'ils pensaient pouvoir y trouver quelque repos, le terrible piège se referme sur eux : il va leur falloir affronter un gang d'anthropophages...

Dissipons vite le malentendu : "The day" est avant tout un suvival, qui ne fait qu'utiliser un contexte post-apocalyptique pour poser son intrigue et les motivations des protagonistes. Co-produit par Dominic Monaghan (le Merry du "Seigneur des Anneaux", remarqué dans la série "Lost") qui interprète l'un des cinq "héros", ce film peut laisser sur leur faim ceux qui seraient venus pour y admirer la fin du monde. En effet, passées les premières séquences, le cadre de l'action devient vite très limité et, faute d'explication quant à ce qui a pu se produire, il faut se faire une raison : le contexte invoqué n'est qu'un prétexte. 

Ce qui frappe, au visionnage de "The day", c'est avant tout son esthétique, presque en monochrome, comme si les couleurs avaient été gommées du paysage en même temps que l'humanité. La forme adoptée par Douglas Aarniokoski, l'un des poulains de Robert Rodriguez (il lui servit d'assistant sur "Un nuit en enfer", par exemple), est sans doute le plus grand atout du film, avec son interprétation masculine : Shawn Ashmore et Dominic Monaghan, en particulier, tirent remarquablement leur épingle du jeu, malgré une intrigue, il faut le dire, assez maigre. 
Le scénario, une fois les personnages pris au piège, est en effet, assez pauvre et ne surprendra guère. L'affrontement entre les survivants et leurs chasseurs manque souvent de surprise et la forme séduisante ne suffit pas à compenser le peu de fond. 

C'est du côté de l'interprétation féminine qu'il faut également jeter l'opprobre. Ashley Bell, qui avait pourtant été saluée pour son interprétation dans "Le dernier exorcisme", en fait des tonnes dans son rôle de fighting-girl mutique, tandis Shannyn Sossamon, aussi mignonne soit-elle, est complètement à côté de la plaque. 

Passé les oppressantes premières séquences, à force de répétitions et de longueurs, "The day" a du mal à masquer le manque de consistance de son scénario et perd vite de son intérêt. Il ne pourra donc captiver que les amateurs de survival.