vendredi 19 septembre 2014

La marque des anges (2013)


Jean-Christophe Grangé, véritable locomotive du thriller français, est une référence en la matière. Chacun de ses romans cartonne et plusieurs d'entre eux ont déjà fait l'objet d'une transposition au grand écran (je ne citerais que "Les rivières pourpres", sans doute le plus mémorable). Mais ce n'est pas parce que ses romans se vendent bien que les films qui en sont adaptés sont couronnés de succès. Le dernier en date, "La marque des anges" (basé sur le roman "Miserere") a même été l'un des gros échecs de l'an dernier, malgré la présence sur l'affiche de deux "noms" : Gérard Depardieu et Joey Starr. 

Paris : le commissaire Kasdan, bien qu'étant à la retraite, décide d'enquêter sur le meurtre d'un chef de chœur, dont les tympans ont été percés par son assassin. De son côté, Frank Salek, un agent d'Interpol enquêtant sur un trafic d'enfants, est suspendu par sa supérieure, après un nouvel éclat de violence.
Découvrant que les deux affaires sont liés, les deux hommes vont faire alliance et découvrir tant bien que mal que cette sale histoire a commencé longtemps auparavant, et qu'elle tire ses racines dans la Seconde Guerre Mondiale. 

Je vais faire bref : "La marque des anges", s'il a réussi à attirer quelques milliers de spectateurs en salle, n'en méritait pas tant. Ce prétendu thriller n'est, en effet, ni fait ni à faire. Voilà, c'est dit. 
Tout au long du film, on a l'impression d'assister à une succession de scènes n'ayant pas forcément de lien entre elles, collées tant bien que mal par un scénario bricolé à la va-vite. Sylvain White, le réalisateur (associé au projet à venir d'adaptation de "Castlevania") a, sans doute, fait ses preuves dans le milieu de la publicité et les clips, mais une évidence s'impose vite au visionnage de "La marque des anges" : le bonhomme ne tient pas la distance. La réalisation d'un long métrage ne se limite pas au collage de séquences, fussent-elles bien tournées. Il faut que les éléments du puzzle aient leur cohérence, que tout s'enchaîne de façon lisible et attractive. Il n'en est rien ici.

Du côté de l'interprétation, c'est une véritable catastrophe. Qu'il s'agisse de Depardieu, dont on peine à croire qu'il fut le plus grand acteur français au vu de la prestation qu'il livre ici, ou de Joey Starr, alternant scènes mutiques et éclats auxquels on ne croit pas un instant, le duo de tête est affligeant. Livrés à eux-mêmes et partant en roue libre, les acteurs (et j'inclus ici les seconds rôles) font leur petit numéro dans leur coin, ajoutant au chaos qui semble avoir gouverné à la genèse de ce film.

A aucun moment, le film ne réussit à convaincre et à entraîner le spectateur. Ne croyant pas à l'histoire qu'il essaie de conter laborieusement, Sylvain White s'englue rapidement dans une ornière dont jamais il ne sort. Il ne reste plus qu'à contempler le désastre ou, mieux, à s'en épargner le visionnage...





dimanche 14 septembre 2014

Mystery Men (1999)



Le film de super-héros a le vent en poupe, ces dernières années. La déferlante Marvel aidant, nous avons pu assister à la genèse de quelques œuvres satellites, abordant le genre sous un angle moins frontal. Comme le firent quelques années plus tard "Kick-Ass" ou "Super", le film "Mystery Men" traitait de super-héros bas de gamme. Sur le ton de la comédie, les aventures de cette équipe de bras cassés ne connurent cependant pas le succès attendu, malgré un casting plutôt alléchant. Pensez donc : Ben Stiller, Hank Azaria, William H. Macy, Geoffrey Rush, Greg Kinnear, Tom Waits et j'en passe. Comme quoi, une belle distribution ne signifie pas forcément carton au box-office. 

A Champion City, le taux de criminalité est au plus bas, grâce au fameux Capitaine Admirable, le super-héros local. Ils sont nombreux, dans son ombre, à prétendre à ce titre. Par exemple, Monsieur Furieux (aux colères destructrices), le Fakir Bleu (spécialiste du lancer de fourchettes) et la Pelle (parce qu'il se bat avec une pelle, justement), aimeraient être reconnus comme les héros qu'ils prétendent être. Lorsque le terrible Casanova Frankenstein sort de réclusion et capture le Capitaine Admirable, Monsieur Furieux et ses amis vont devoir agir. 

A la lecture du pitch, nul doute n'est permis : on est dans le domaine de la parodie, comme l'était le comic de base, édité chez la très sérieuse maison Dark Horse. Kinka Usher, réalisateur essentiellement connu dans le monde de la publicité et qui fit ses premiers pas sous l'égide de Roger Corman, fut chargé, par on ne sait quel miracle, de cette improbable adaptation. Récemment dénigré par Ben Stiller (qui a pourtant fait bien pire), "Mystery Men" fut en son temps un four monstrueux (ceci explique sans doute cela). Pourtant, il avait le mérite de l'audace et un casting d'enfer, comme je le disais plus haut.

Cependant, si une distribution du tonnerre et un peu de culot suffisaient à faire un grand film, cela se saurait. Dans le cas de "Mystery Men", il faut vite reconnaître que le contenu n'est pas à la hauteur de l'emballage. Le scénario, premier coupable, montre vite ses faiblesses, jamais compensées par une réalisation digne d'un mauvais téléfilm. Kinka Usher, dont ce fut le premier et le dernier long métrage (l'homme est peu connu, au point que la rumeur court qu'il ne s'agisse que d'un pseudonyme, à l'instar du célèbre Alan Smithee) échoue à donner à ce film l'audace qu'il aurait fallu, se contentant d'aligner les gags éculés (et souvent de bas niveau) et les scènes d'action médiocres. A l'image de ses héros, véritables branquignols aux pouvoirs improbables, "Mystery Men" ne croit pas à son potentiel et, du coup, peine à emmener le spectateur dans son délire. C'est fort dommage, car l'angle d'attaque était prometteur. 

Abordant le genre avec pas mal d'années d'avance mais aussi quantité de maladresses (l'humour au ras des pâquerettes est son défaut majeur à mes yeux), "Mystery Men" aurait sûrement plus de succès aujourd'hui, maintenant que d'autres ont défriché le terrain pour lui. Hélas, il est sorti dix ans trop tôt et sa réalisation n'était pas à la hauteur.


mardi 9 septembre 2014

Au-delà de nos rêves (1998)




Le grand Robin Williams est parti, cet été. Il nous laisse de merveilleux souvenirs de cinéma, que je ne vous ferai pas l'offense d'énumérer (quantité de médias se sont livrés à cet inventaire, comme chaque fois qu'un artiste quitte ce bas monde). Mais celui qui incarna Mrs Doubtfire fut aussi à l'affiche de films qui n'eurent pas le même retentissement, comme évoqué tout récemment. A la fin des années 1990, alors que sa carrière marquait le pas, Robin Williams décrocha le rôle principal de "Au-delà de nos rêves", généralement considéré comme un échec. Ce film, où il est question de l'au-delà, résonne d'une façon bien particulière, aujourd'hui...
Chris et Annie, depuis qu'ils se sont rencontrés, forment le couple parfait. Hélas, leurs deux enfants sont tués dans un accident de la circulation. Annie se réfugie dans la solitude et sa passion pour la peinture, tandis que Chris garde son chagrin pour lui. Quelques années plus tard, Chris est à son tour victime d'un accident de voiture. A sa grande surprise, il ne disparaît pas, mais continue d'observer sa femme, au travers de ses peintures...
Assassiné par nombre de critiques lors de sa sortie, "Au-delà de nos rêves" est une relecture moderne du mythe d'Orphée et d'Eurydice. Tiré d'un roman du célèbre Richard Matheson (on lui doit "Je suis une légende" ou "), ce film ne méritait pas forcément la volée de bois vert qui l'accueillit à l'époque. On pourra, certes, lui reprocher un scénario assez maigrelet et un certain manque de profondeur en ce qui concerne ses personnages. Ce conte funèbre aurait sans doute gagné à être un peu plus étoffé et plus surprenant, c'est vrai.

Egalement au chapitre des défauts du long métrage, la bande originale, envahissante, composée par le très variable Michael Kamen, est sans doute loin de voir celle initialement créée par le grand Ennio Morricone et qui ne fut finalement pas retenue (avis totalement subjectif, mais assumé, merci !). Enfin, la réalisation de Vincent Ward, repéré quelques années plus tôt avec "Cœur de métisse" et dont la carrière fut ensuite fort discrète, ne comporte pas l'audace qui aurait été nécessaire à pareil film. Dénuée d'ambition, la mise en scène de Ward échoue à donner à "Au-delà de nos rêves" la dimension qui en aurait fait un grand film. Enfin, les acteurs semblent souvent hésiter quant à l'intensité à donner à leur personnage : Robin Williams surjoue souvent, comme côtés Cuba Gooding Jr et Annabella Sciora (vue également dans "Les Soprano"). Celui qui tire le mieux son épingle du jeu est l'immense Max Von Sydow, dans un rôle secondaire mais marquant.

Artistiquement cependant, "Au-delà de nos rêves" est un film qui mérite d'être revu, malgré tous ses défauts. Les influences picturales dont il est ponctué convoquent nombre de grands peintres, tandis que son utilisation des couleurs, notamment, pourrait donner lieu à d'intéressantes études. Ébouriffant sur la forme, il a certes du mal à cacher son manque de fond et pas mal de lacunes du côté de sa réalisation. Mais, ne serait-ce que pour y revoir Robin Williams dans un rôle qui prend aujourd'hui un écho inattendu, les plus curieux pourront s'y risquer...



jeudi 4 septembre 2014

The face of love (2013)


Le tragique et récent décès du grand Robin Williams a amené nombre de sites consacré au cinéma à rendre hommage à cet artiste multiple. Si l'éloge funèbre arrive toujours trop tard, penchons-nous un instant sur un de ses derniers rôles. Le film "The face of love", sorti à la sauvette cet été en France (et vu par à peine 12 000 spectateurs !) fut un échec commercial sans appel, malgré un joli casting. Mené par Annette Bening et Ed Harris, ce film a eu une visibilité quasiment nulle dans l'hexagone. Le méritait-il ?

Veuve depuis cinq ans, Nikki n'a pas pour autant oublié son époux, ni cessé de l'aimer. Un jour, alors qu'elle a réussi à retourner au musée qu'elle aimait visiter avec lui, elle croise un homme lui ressemblant trait pour trait. D'abord abasourdie, puis fascinée, Nikki va tenter de le retrouver et de le séduire.
Entre son douloureux deuil et cette nouvelle histoire qui s'offre à elle, sous l’œil inquiet de son voisin et ami Roger, Nikki commence alors un parcours étrange, entre douceur et douleur...

Avec un pitch pareil, on était en droit d'attendre de la part de "The face of love" une histoire traitant du deuil de façon plutôt originale et audacieuse. Ce sujet, ô combien ancré dans le réel de bon nombre de nos semblables, a souvent été soigneusement contourné par le cinéma, quand il n'y fut pas maltraité (par exemple dans "Enfin veuve"). Arie Posin, réalisateur du film, avait été remarqué avec son premier long-métrage, "Génération Rx" et on pouvait espérer qu'il apporterait à cette histoire une véritable touche sensible. En choisissant d'ailleurs de mettre en scène des personnages quinquagénaires, il ancrait d'ailleurs son scénario dans une réalité forte. Cela partait donc bien, pour cette étrange romance, qui aurait pu déboucher sur maintes issues différentes que celle qu'elle nous propose (mais je n'en dis pas plus, promis).

Malgré toutes les espérances qu'il suscite, le film d'Arie Posie ne réussit hélas pas à susciter l'enthousiasme. La faute en incombe à son scénario, qui se contente souvent d'entrouvrir des portes qu'il ne franchit jamais et finit par ne surprendre personne. La romance douce-amère de Nikki laisse donc un goût d'inachevé, bien que ce parti-pris puisse être accepté par certains.

Heureusement, "The face of love" est porté par de remarquables interprètes, portant sans fard leur âge et leur expérience. Annette Bening, dans le rôle principal, donne une épaisseur inattendue à Nikki, cette femme pleine de doutes, d'espoirs et de craintes. Face à elle, le toujours formidable Ed Harris est parfait, réussissant à incarner deux hommes si proches et si différents à la fois. Enfin, dans un rôle plus secondaire, ce n'est pas sans émotion qu'on retrouvera le regretté Robin Williams, en voisin transi : dire qu'il est exceptionnel relève de la banalité. 
Sauvé par ses merveilleux acteurs, "The face of love" est un film qui souffre parfois de ne pas s'engager à fond dans des pistes qu'on entrevoit. les choix scénaristiques maladroits qui l'émaillent ne peuvent cependant le condamner à l'oubli.




samedi 30 août 2014

Maintenant c'est ma vie (2013)


Couvert de récompenses, le roman "Maintenant c'est ma vie" ("How I live now" dans sa version originale) a valu à son auteure, Meg Rosoff d'accéder rapidement à la célébrité dans sa Grande-Bretagne d'adoption, en matière de littérature jeunesse. Par une mécanique maintenant bien éprouvée, il était tout naturel que son livre fasse l'objet d'une adaptation au cinéma, le film en résultant ciblant le même public que le matériau d'origine : les adolescents. Hélas, on ne gagne pas à tous les coups et "Maintenant c'est ma vie" ne reçut pas le même accueil au grand écran que d'autres œuvres adaptées. Il avait pourtant, à en croire son pitch, plus de choses à dire que certaines franchises de ma connaissance qui battent des records de box-office dans leur catégorie.

Adolescente new-yorkaise superficielle, Elisabeth (même si elle refuse qu'on l'appelle ainsi et préfère être nommée Daisy) passe ses vacances d'été dans la campagne anglaise, avec des cousins qu'elle n'a jamais fréquentée. Pendant ce temps, le monde extérieur sombre dans la Troisième Guerre Mondiale. Tandis que Daisy découvre la vraie vie et l'amour en la personne d'Eddie (son cousin, tout de même !), Londres est l'objet d'une attaque nucléaire. Bientôt, cet été va virer au cauchemar, et Daisy va devenir une autre personne.

Une adolescente rebelle et mal dans sa peau, le retour à la terre, un conflit larvé qui soudain explose : les ingrédients inattendus pouvaient donner un cocktail détonant, à la portée politique forte. Je ne doute pas un instant que le livre a mérité ses récompenses et qu'il a su emporter ses lecteurs, tout en leur donnant matière à réfléchir. Ces derniers devaient d'ailleurs attendre de pied ferme l'adaptation au grand écran du roman qui les fit vibrer et réfléchir. Aux commandes de cette adaptation, Kevin McDonald, unanimement salué pour "Le dernier roi d'Ecosse" (mais on lui doit également l'intéressant "L'aigle de la neuvième légion") était donc méchamment attendu au virage.

Malheureusement, ce qui pouvait être une fable noire porteuse d'un véritable message vire vite au film d'aventure pour adolescents. S'envole alors toute prétention politique, toute attaque frontale envers le système. On avait espéré avoir affaire à une oeuvre vilipendant les obsessions sécuritaires de notre époque, on a seulement droit à une bluette sur fond de monde en ruines. Louchant vers ce qui a déjà été fait en la matière (je songe notamment à "28 jours plus tard" ou aux "Fils de l'homme"), Kevin McDonald enrobe hélas son propos d'une épaisse couche de guimauve qui rend le tout indigeste. La pseudo-rédemption de Daisy, déclenchée par - excusez du peu - un conflit de grande ampleur, paraît totalement artificielle.
Circonstance aggravante : la version française est déplorable. Il est à croire que le doublage des jeunes interprètes se doit d'être agaçant. 

Alors, malgré la présence de la jolie Saoirse Ronan (la seule à tirer son épingle du jeu dans le jeune casting), on perd vite tout intérêt à visionner ce film. Kevin McDonald, cinéaste hétéroclite, est visiblement capable du meilleur comme du pire. A n'en pas douter, "Maintenant c'est ma vie" fait partie de la deuxième catégorie : c'est bien dommage.


lundi 25 août 2014

Taram et le chaudron magique (1985)


On a du mal à imaginer qu'un dessin animé estampillé Disney ait pu connaître l'échec commercial, voire l'oubli. Il en est pourtant un qui a sombré dans les abysses du box-office et de la mémoire du septième art : "Taram et le chaudron magique", le trente-deuxième long métrage de la maison aux grandes oreilles, est inconnu de bon nombre de spectateurs. L'échec commercial qu'il connut lors de sa sortie lui a valu d'être désavoué par ses producteurs. Alors que le médiéval-fantastique (époque qu'il explorait dans son scénario) a enfin acquis ses lettres de noblesse, ce dessin animé peut-il obtenir sa rédemption ?

Simple valet de ferme, le jeune Taram n'aspire qu'à devenir un héros. Alors que son plus fidèle compagnon, un cochon nommé tire-lire, disparaît, Taram, pour le retrouver, va vivre une grande aventure et affronter le tout-puissant Seigneur des Ténèbres, en quête du chaudron magique, dangereux réceptacle d'un infini pouvoir. Il rencontrera des fées, des sorcières, des elfes, une princesse, un facétieux troubadour et mille autres merveilles. Mais, surtout, il vivra sa plus grande aventure, celle dont il a rêvé depuis toujours...

C'est un Disney pas comme les autres que ce "Taram et le chaudron magique". Il contient une part de noirceur rarement atteinte, même dans les scènes où apparaissaient traditionnellement vilaines sorcières et affreux dragons. Cette part d'ombre fut telle qu'il eut droit à des coupes après passage devant la commission de censure (ce n'était pas arrivé depuis "Blanche Neige et les sept Nains"). A le revoir aujourd'hui, on ne peut être que frappé par le ton sombre qu'adopte ce dessin animé, même si, souvent, la noirceur est contrebalancée par des touches d'humour apportées par des personnages comiques.
Et puis, point de chanson ici, malgré la présence de Ritournel, le trouvère. Alors que c'est désormais gravé dans le marbre des productions venues de chez Mickey, nulle mélodie entêtante et ne vient rompre le récit. Si vous voulez mon avis, ça n'est pas un mal (mais cela est totalement subjectif).
Il s'agit bien là d'un dessin animé atypique, qui aurait pu marquer un véritable virage dans la liste des productions Disney, s'il était allé jusqu'au bout de sa démarche. En effet, dans l'aventure de Taram, chaque pas en territoire adulte est immédiatement suivi par une reculade, à coup d'humour ou de fantaisie. La profondeur espérée est entrevue, mais rarement atteinte, y compris au niveau des personnages. Alors qu'on disposait au départ d'ingrédients dignes de donner une grande épopée médiéval-fantastique (les connaisseurs identifieront sans peine ces composantes mal exploitées), le ton "Disney" prend le dessus maladroitement, finissant par donner naissance à un long-métrage souvent bancal..

Avec le temps, "Taram et le chaudron magique" a acquis quelques admirateurs, qui ont souvent passé
l'âge du public cible. Il est vrai qu'il porte en lui quelques espérances, rarement consolidées à l'écran, d'une imagerie plus sombre et d'un univers moins lisse que celui qui prévaut dans les parcs d'attraction se réclamant de Walt Disney. Bien qu'il ne tienne pas toutes ses promesses, ce dessin animé dispose de son identité propre, aussi incomplète soit-elle...

Ce dessin animé fleure donc bon les années 1980. S'il avait été un peu plus long et mieux développé, il aurait eu droit au statut de chef d'oeuvre. Faute d'un scénario plus abouti, c'est simplement une oeuvre à redécouvrir, ce qui n'est déjà pas si mal.





mercredi 20 août 2014

Red lights (2012)


Robert de Niro a beau être l'un des plus grands acteurs qui soient et afficher une carrière remarquable, ses choix de rôles n'en finissent pas de surprendre, ces dernières années. Comme s'il avait fait le tour des personnages dignes de son talent, il semble accepter certaines propositions avec une légèreté qui frise l'aveuglement. Certains de ses derniers films n'ayant même pas l'insigne honneur de sortir en salle, le prestige de ce monument du septième art en prend un sale coup. Souvenez-vous de "Killing season" (rebaptisé "Face à face" lors de sa sortie en direct-vidéo dans nos contrées), pour ne citer que ce film.
Le retrouver dans un film ayant échoué au rayon direct-to-DVD n'est donc pas si surprenant que cela. Par contre, qu'il y soit entouré de Sigourney Weaver et de Cillian Murphy a de quoi surprendre....

Margaret Matheson, psychologue spécialisée dans l'étude du paranormal, se fait forte de démasquer les mystifications utilisant le paranormal, avec l'aide de son jeune assistant, Tom Buckley. Lorsque le célèbre médium Simon Silver, qui fit autrefois sensation, annonce son retour, les deux chercheurs redoublent de méfiance : Silver est charismatique, mais dangereux. Il se pourrait bien qu'il soit le seul ennemi à leur hauteur.

Le cinéma fantastique espagnol a le vent en poupe. On se souvient, avec un petit frisson, des très réussis "L'orphelinat" ou "Les autres". La touche ibère n'est pas autant présente sur cette coproduction américano-espagnole, en partie parce que le casting (imposant) est composé d'acteurs venus d'outre-Atlantique, sans doute. Pourtant, dans la lumière qui donne au film un ton sale et froid, ou dans l'intrigue qui se penche parfois sur le plus intime de ce que vivent les personnages, "Red lights" tente d'affirmer son identité propre.

Rodrigo Cortés, le réalisateur (et scénariste) de "Red lights", s'est précédemment fait remarquer avec l'étonnant "Buried" pour lequel il avait réussi à faire un long métrage avec un scénario hyper-minimaliste, et à créer le buzz, comme on dit. L'essai n'est pas transformé avec son nouveau long métrage, il faut bien le reconnaître.

Malgré tout le talent dont font preuve certains des interprètes (Cillian Murphy en particulier), ils ont du mal à se dépêtrer d'un scénario pratiquant régulièrement le rétropédalage, sans doute pour faire illusion et perdre son public. Délayant sans vergogne son intrigue, Rodrigo Cortés semble ne pas savoir quoi faire des moyens qui lui sont donnés. Malgré un départ prometteur, qui annonçait un film au ton glaçant et poisseux, on se retrouve vite en proie à l'ennui : un comble pour pareil film. Tout porte à croire que ses têtes d'affiche ont trouvé là des rôles plus alimentaires qu'artistiques...

Inévitablement, le film se clôture par un twist (d'où la référence au "Sixième sens" sur la jaquette du DVD), qui réussit à surprendre le spectateur, mais ne réveille pas son intérêt déjà endormi depuis belle lurette.